Bilan

La RIE III menace l’immobilier de prestige en Suisse

Le réseau immobilier international Barnes a dévoilé une étude sur les tendances 2017.
  • Barnes a récemment ouvert une agence à Lugano.

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  • L'agence de Crans-Montana est en cours de déménagement pour rejoindre un emplacement premium, face au centre commercial Grand-Place.

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  • Jérôme Félicité, président du groupe Gérofinance-Dunand régie la Couronne et président de la licence suisse de Barnes.

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«Nous avons vu notre volume des ventes fortement progressé l’an dernier à 200 millions (contre 140 millions en 2015), mais l’avenir va dépendre de la force du franc et des votations sur la RIE III. Alors que certaines activités bancaires et de trading ont déjà quitté la Suisse, de nombreuses autres sociétés employant des milliers d’expatriés pourraient partir en cas de refus de cette réforme de la fiscalité des entreprises. A cela s’ajoute le fait que la clientèle ayant les moyens d’acquérir des propriétés de luxe au-delà de 10 millions de francs a tendance à diminuer, même si il y a encore quelques étrangers qui viennent encore s’installer au forfait en Suisse romande», a indiqué vendredi matin Jérôme Félicité, président de Barnes Swiss Licensing et président du Groupe Gérofinance-Dunand Régie de la Couronne.

Et pourtant, notre analyse des ventes intervenues en 2016 à Genève indique qu’il s’est agi d’un excellent cru. «Ce n’est pas faux, mais cela s’explique aussi par la baisse des prix intervenue à partir du second semestre 2011. On parle de baisse de 15 à 20% en moyenne. Le durcissement des conditions du forfait fiscal au 1er janvier 2016 a contribué à freiner le flux d’acheteurs venus d’ailleurs. Par ailleurs, une bonne partie des acquéreurs actuels seront impactés en cas de refus de la RIE III, de quoi encourager la poursuite de la correction des prix des biens d’une valeur supérieure à 3 millions de francs.»

Choix d'une résidence

Barnes s’appuie sur un réseau conséquent, non seulement à l’international, mais également en Suisse. Aujourd’hui, ce réseau comprend pas moins de 18 agences réparties sur Genève, Vaud, Valais, Berne et au Tessin. Ses dernières ouvertures étant : Lugano, Vernier, Gstaad Valley-Pays-d’Enhaut et Coppet. Zermatt devrait suivre prochainement. Quant à l’agence de Crans-Montana, elle a déménagé dans un emplacement « premium » (face au centre commercial Grand-Place) et disposera d’une surface deux fois plus grande.

L’étude présentée vendredi, réalisée en partenariat avec le cabinet d’étude Wealth-X et la société de courtage américaine Warburg Realty, indique que 10% des UHNWI (des individus ou des familles détenant des actifs nets supérieurs à 30 millions de dollars) disposent de plus de cinq résidences. Le choix d’une résidence est le résultat d’un mix de critères émotionnels, financiers et pratiquent qui incluent les indicateurs suivants : l’accès aux meilleures universités, la connectivité au transport aérien, la sécurité personnelle, l’empreinte écologique, la concentration de la population d’HNWI (dont les actifs nets sont compris entre 1 et 30 millions de dollars), la richesse culturelle (soit le  nombre absolu de musées, d’hôtels étoilés, de restaurants gastronomiques ou encore de théâtre ou d’opéra), les enseignes de luxe, la prolifération d’entreprises, le rapport qualité-prix des biens, la compétitivité de la fiscalité immobilière et une analyse du risque du placement dans l’immobilier.

Londres resterait pour l’instant toujours en tête, malgré le Brexit, mais elle ne devance New York que d’un cheveu qui devrait fondre prochainement.

En Suisse, c’est Gstaad qui semble l’emplacement le plus prisé. Genève n’arrive qu’en 30e position, à égalité avec cinq autres villes, dont Zurich, Pékin et Lisbonne. Un résultat qui s’explique par un mauvais score dans les catégories suivantes : sa politique fiscale envers les investisseurs étrangers, la richesse culturelle, la prolifération d’entreprises et la proximité avec des grandes écoles ou universités.  Maigre consolation : Dubaï (36e), Bâle (37e) ou encore Rome (41e) arrivent derrière. Reste à savoir désormais l’impact de l’élection de Donald Trump et du Brexit sur l’attractivité à court terme des villes américaines et anglaises.

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

Lui écrire

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

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