Bilan

La pression persiste sur le marché immobilier résidentiel

Avec le ralentissement des principaux indicateurs et une légère remontée des taux, la situation du marché immobilier résidentiel suisse, qui a vécu une forte croissance, devrait désormais changer.

Vu la faiblesse actuelle des taux, ces investisseurs préfèrent laissent des logements vacants que de concéder d'importantes baisses de loyers.

Crédits: Keystone

Le marché immobilier résidentiel suisse, après des années de forte progression, se trouve à un tournant, provoquant une stagnation voire une baisse des prix et des loyers, ont indiqué jeudi les économistes d'UBS. Avec la persistance des taux bas, la pression subsiste cependant sur le secteur, les investisseurs institutionnels poursuivant à tout prix leurs placement dans la pierre.

"Le marché immobilier suisse se trouve dans une phase baissière", a estimé Claudio Saputelli, responsable des investissements immobiliers chez UBS, lors d'une conférence de presse à Zurich.

Le secteur a vécu ces dernières années une forte croissance, portée par la solidité du marché du travail, la progression démographique et la faiblesse des taux. Dans les principales agglomérations suisses, les prix des logements ont bondi de 50% entre 2004 et 2012.

Avec le ralentissement des principaux indicateurs économiques et une légère remontée des taux, cette situation devrait désormais changer, a précisé Daniel Kalt, économiste en chef de la banque aux trois clés. Concrètement, le prix des maisons ne devrait afficher cette année qu'une modeste progression inférieure à 0,5%, tandis que les tarifs des appartements devraient stagner.

Au niveau des loyers, les spécialistes d'UBS s'attendent à une poursuite du repli. Les loyers des appartements neufs ont ainsi baissé de 3,4% en 2016 et devraient encore baisser de 1% en 2017.

Taux de vacance attendu en hausse

"Le marché immobilier s'est transformé en marché des locataires", ces derniers étant de plus en plus en mesure de négocier les loyers à la baisse, a insisté M. Saputelli. Les propriétaires concèdent désormais des périodes de loyer gratuit ou d'autres ristournes pour louer leurs appartements, a-t-il ajouté.

Malgré ces efforts, les taux de vacance ont doublé depuis 2009 et actuellement plus de 500'000 appartements, soit 2% des logements en location, sont vides. Ce pourcentage va continuer à augmenter, les investisseurs dégageant encore de meilleurs rendements avec l'immobilier qu'avec les obligations d'Etat.

Vu la faiblesse actuelle des taux, ces investisseurs préfèrent laissent des logements vacants que de concéder d'importantes baisses de loyers. Mais cette situation pourrait bien changer si les taux remontent, a averti M. Saputelli. En cas de hausse des taux, les rendements des obligations d'Etat pourraient devenir plus attrayants que ceux réalisés dans l'immobilier et amener les investisseurs à redéployer leurs avoirs sur le marché de la dette souveraine, a-t-il ajouté.

Un effondrement du secteur immobilier, comme la Suisse l'a connu dans les années 1990, n'est cependant pas à l'ordre du jour, selon M. Kalt. Mais une hausse des taux de 2% se répercuterait par une correction de 30% dans l'immobilier résidentiel.

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."