Bilan

L'Italie offre 100 châteaux aux investisseurs

Recevoir gratuitement un château médiéval ou un palais Renaissance en Italie: cela n'a rien d'une illusion. L'Italie, dont le patrimoine souffre de la réduction des dépenses publiques, va offrir une centaine de châteaux et édifices anciens à condition que les bénéficiaires s'engagent à les restaurer, les entretenir et les ouvrir au public.
  • Une centaine d'édifices anciens sont offerts à des investisseurs en Italie, à condition de les restaurer et de les ouvrir au public.

    Crédits: Agenzia del Demanio
  • En tout, 103 édifices doivent être remis à des investisseurs privés dans le cadre du programme Cammini e Percorsi.

    Crédits: Agenzia del Demanio
  • La Torre Angellara, à Salerne (Campanie), fait partie des biens proposés par les autorités italiennes sur le parcours Ciclopista Sole.

    Crédits: Invest in Italy - Real Estate
  • Le Castello di Montefiore, dans les Marches, date du XIIIe siècle et servait à protéger la cité de Recanati des attaques de ses voisins.

    Crédits: Images: Agenzia del Demanio
  • Dans les Pouilles, la Villa Barletta est située sur le parcours de la Via Francigena.

    Crédits: Agenzia del Demanio

Engagée dans une politique de réduction de sa dette et de son déficit, l'Italie rogne sur tous les budgets. Or, avec son patrimoine d'une richesse extraordinaire, difficile de débloquer les crédits nécessaires à l'entretien de milliers de sites archéologiques étrusques, grecs, romains, de châteaux pisans ou génois, de palais florentins ou milanais, de gares ou de manufactures piémontaises ou vénitiennes, d'écoles salésiennes de la fin du XIXe siècle... Un certain nombre de priorités ont donc été définies par les autorités. Mais que faire des autres sites? Fallait-il laisser des centaines de bâtiments tomber en ruines?

Lire aussi: Dix châteaux à vendre en Europe à moins d'un million

Pour certains sites, l'Etat, les régions et les villes ont pu faire appel au mécénat privé. Deux décennies après la restauration de la chapelle Sixtine via des partenariats avec des sponsors japonais (Nippon Television Network Corporation avait fourni l'essentiel des 4,2 millions de dollars, en contreparte de droits cinématographiques), le recours à des fonds privés ne fait plus scandale. Cependant, s'il est aisé de trouver des mécènes pour des chantiers aussi presigieux que la chapelle Sixtine, la tâche n'est pas aussi aisée quand il s'agit de rénover ou d'entretenir un relais de pèlerins dans le Val d'Aoste ou une école abandonnée du XVIIIe siècle en Emilie-Romagne.

Huit itinéraires à travers la péninsule et les îles

L'Agence de propriété d'Etat et le Ministère des affaires culturelles ont donc imaginé un ambitieux projet baptisé «Cammini e Percorsi» («Chemins et parcours») combinant des itinéraires et des lieux patrimoniaux. Du côté des huit parcours retenus, on retrouve des voies romaines (Via Appia), des chemins de pèlerinage médiévaux (Via Francigena), des cheminements spirituels (Cammino di Francesco et Cammino di San Benedetto, sur les traces de Saint François d'Assise et de Saint Benoît de Nursie), ou encore des pistes cyclables de longue distance (Ciplopista Sole de la frontière autrichienne à la Sicile, Ciclovia Vento de Turin à Venise,...).

Lire aussi: Ces villages abandonnés à acheter en Europe

Mais la vraie surprise vient des 103 bâtiments situés le long de ces parcours et que l'Agenzia del Domanio propose d'offrir à celles et ceux qui souhaiteraient les acquérir. Un cadeau (l'agence publique ne demande même pas l'euro symbolique) uniquement lié à une contrepartie: présenter et développer un projet de restauration du site et son ouverture au public (de préférence sous forme d'hébergement), afin de redynamiser les régions et de soutenir les itinéraires sur lesquels ils se situent.

«Le projet vise à favoriser et soutenir le développement du tourisme lent. L'objectif est de transformer des édifices privés ou publics en hébergements destinés aux pèlerins, randonneurs, touristes et cyclistes», explique Roberto Reggi, directeur de l'Agenzia del Demanio, au média italien anglophone The Local. Si l'initiative rencontre le succès et que les acquéreurs font état de retours positifs, 200 autres édifices pourraient être proposés à des investisseurs d'ici deux ans. Au-delà de la préservation de bâtiments anciens, le défi consiste aussi à mieux répartir les flux touristiques dans la péninsules afin d'équilibrer entre des hauts lieux parfois menacés par l'exès de visiteurs (Rome, Florence, Pise) et des campagnes qui se désertifient encore faute d'emplois et d'activités.

L'initiative peut surprendre mais elle n'est pas une première. En 2013 déjà, 30 phares situés sur les côtes ou sur des îles accessibles avaient été cédés à des investisseurs. Ce «Lighthouse Project», déjà porté par l'Agenzia del Demanio, avait porté sur le même type d'accords: des phares remis gracieusement à des investisseurs privés à condition qu'ils entretiennent les ouvrages et les ouvrent au public. Le succès étant au rendez-vous, cela a donné des idées pour d'autres sites et d'autres programmes, dont «Cammini e Percorsi» constitue l'initiative la plus emblématique.

Lire aussi: Immobilier de luxe: les tendances du marché

«»

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

Du même auteur:

Offshore, Consortium, paradis fiscal: des clefs pour comprendre
RUAG vend sa division Mechanical Engineering

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."