Bilan

Immobilier de luxe: les tendances du marché

Malgré un climat géopolitique incertain et un tassement conjoncturel, le marché de l’immobilier de prestige se porte plutôt bien.

Hongkong figure parmi les villes les plus chères du monde.

Crédits: Petri Artturi Asikainen/getty images

C’est la 7e année consécutive que Naef Prestige/Knight Frank présente l’étude «The Wealth Report» sur l’état de la richesse dans le monde. Ce rapport offre un panorama des nouvelles tendances émergentes sur le marché du luxe, mais également de la mouvance et de l’évolution des marchés immobiliers de prestige à travers le monde.

Les riches en augmentation

Malgré un contexte géopolitique difficile – élection de Trump, Brexit, futures élections en France et en Allemagne ainsi que la succession du pouvoir chinois – la croissance des fortunes dans le monde n’a pas été freinée. 2016 a ainsi connu une augmentation de 6,3% des UHNWI (Ultra High Net Worth Individuals) ou superriches, atteignant une population totale de 193 490 individus. Les prévisions de Knight Frank pour les dix prochaines années sont optimistes avec une croissance estimée de 43%, soit 1% de plus que la croissance des dix dernières années.

Sans surprise, l’Amérique du Nord compte le plus grand nombre de fortunes avec 73 100 UHNWI en 2016, suivie de l’Europe et de l’Asie, avec respectivement 49 560 et 46 080 UHNWI. L’étude souligne cependant clairement une croissance massive des fortunes asiatiques (plus de 91% d’ici à 2026). Le pays connaît en effet 101 000 nouveaux millionnaires chaque année. 

Immobilier: valeur refuge

Malgré les incertitudes de 2016 pour les superriches, l’immobilier est resté une valeur refuge. Ce secteur reste la deuxième classe d’actifs privilégiée par les UHNWI juste derrière les valeurs mobilières et les métaux précieux. 32% des superriches vont ainsi investir à l’étranger dans les deux prochaines années selon Knight Frank. Les Chinois investissent, par exemple, beaucoup aux Etats-Unis dans des biens secondaires. Les personnes fortunées veulent, en règle générale, une diversification géographique de leur investissement immobilier ainsi qu’un retour sur investissement. 

Immobilier de prestige 

Même si le marché du haut de gamme tend à se corriger, la région continue à attirer les riches, en raison notamment de la stabilité politique et économique de la Suisse. Ainsi, la Cité de Calvin a connu une augmentation des transactions sur des biens entre 4 et 10 millions (80). Au total, il y a eu 100 ventes en 2016, comprises entre 4 et 55 millions de francs par propriété, un chiffre réjouissant selon Jacques Emery, directeur du département Vente, résidentiel et prestige chez Naef Prestige, qui souligne toutefois que les plus importantes opérations ont lieu dans le canton de Vaud, avec plusieurs ventes immobilières situées entre 70 et 120 millions. 

La région lémanique a toutefois connu un tassement des prix d’environ 35% depuis 2012. Après des heures de gloire, le marché immobilier a retrouvé ses prix de 2008. Jacques Emery souligne cependant l’importance de maintenir un parc immobilier de qualité. «Le parc immobilier genevois est vieillissant. La plupart des villas à vendre ont plus de 25 ans alors que les personnes fortunées cherchent à acquérir du neuf.»

Autre fait marquant: la jeune génération d’acheteurs se dirige de plus en plus vers des appartements haut de gamme, clés en main, plutôt que vers des villas. Ces derniers préfèrent habiter en ville afin d’avoir à proximité toutes les infrastructures qui vont avec. «Les acheteurs d’aujourd’hui cherchent avant tout un certain lifestyle, c’est-à-dire des activités autour du bien immobilier – sportives, culturelles, scolaires, etc. – qui comptent pratiquement  autant, aujourd’hui, que la qualité du bien.»

Jacques Emery rappelle également un élément qui freine le marché immobilier de prestige en Suisse:  les lois suisses. En effet, un étranger ne peut pas acquérir un bien secondaire dans une ville suisse, excepté dans une zone touristique. Ainsi, un riche étranger privilégiera plus facilement l’acquisition d’un bien de luxe dans une ville comme Paris, Londres ou New York. «Les étrangers sont attirés par les villes où c’est facile d’acheter, car ça sera aussi plus facile de revendre.» En Suisse, un étranger qui veut acquérir un bien doit obligatoirement être employé dans le pays ou au bénéfice d’un forfait fiscal. Cette politique propre à la Suisse bénéficie ainsi à des villes comme New York ou Londres.  

Chantal Mathez

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