Bilan

Donald Trump va se retirer de ses entreprises

De nombreuses questions de conflits d'intérêts sont soulevées par l'arrivée inédite à la Maison Blanche d'un milliardaire à la tête d'un empire économique aux ramifications internationales.

"Je sens que c'est important (...) de n'avoir aucun conflit d'intérêt avec mes diverses affaires, en tant que président", a indiqué M. Trump.

Crédits: AFP

Le président élu américain Donald Trump a annoncé mercredi qu'il allait se mettre en retrait de son empire immobilier avant de prendre ses fonctions en janvier et a choisi pour nouveau secrétaire au Trésor un banquier de Wall Street, Steven Mnuchin.

Dans une série de tweets, Donald Trump a précisé qu'il s'exprimerait à New York le 15 décembre lors d'une "conférence de presse majeure" en présence de ses enfants. Elle portera "sur le fait que je quitterai ma formidable entreprise afin de me concentrer entièrement et totalement à la direction du pays et à redonner à l'AMERIQUE SA GRANDEUR!", précise le président élu sur Twitter, reprenant son slogan de campagne.

M. Mnuchin a par ailleurs fait part lui-même de sa nomination au Trésor lors d'une intervention en direct sur la chaîne de télévision financière CNBC. Il était en compagnie de Wilbur Ross, un autre investisseur de Wall Street, qui a lui été nommé au ministère du Commerce. Leurs nominations ont ensuite été confirmées officiellement par l'équipe du président élu.

De nombreuses questions de conflits d'intérêts sont soulevées par l'arrivée inédite à la Maison Blanche d'un milliardaire à la tête d'un empire économique aux ramifications internationales.

M. Trump a réaffirmé que légalement il n'a aucune obligation de s'isoler de la gestion de son entreprise. "Je sens que c'est important (...) de n'avoir aucun conflit d'intérêt avec mes diverses affaires, en tant que président", a-t-il toutefois indiqué.   

"Par conséquent, des documents légaux sont en cours de rédaction qui font que je me retire totalement des opérations de gestion des affaires. La présidence est une tâche bien plus importante!", a-t-il souligné.

M. Trump envisagerait de confier la direction de ses affaires à trois de ses enfants, selon les maigres détails qu'il a lui-même donnés depuis qu'il s'est lancé dans la course à la Maison Blanche en juin 2015.

De nombreux experts ont souligné que cela ne réglerait en rien les problèmes de conflits d'intérêts, ces trois enfants étant de très proches conseillers de leur père et jouant un rôle actif dans les nominations de la future administration Trump.

Pas d'expérience politique

Ni Steven Mnuchin, 53 ans, ni Wilbur Ross, 79 ans, n'ont d'expérience de la politique mais ils ont apporté tôt dans la campagne leur soutien à Donald Trump. Wilbur Ross avait notamment travaillé avec le magnat de l'immobilier lorsque certains de ses casinos traversaient des difficultés à la fin des années 1980.

Les deux hommes seront notamment chargés de mettre en application la politique économique du président élu qui a promis pendant sa campagne de revenir sur les accords commerciaux de libre-échange et de garder les emplois industriels aux Etats-Unis.

M. Ross, interrogé mercredi sur les mesures qu'entend prendre M. Trump en matière de politique commerciale, a rejeté les accusations de protectionnisme. "Protectionnisme n'est pas un terme significatif, c'est péjoratif", a-t-il affirmé sur CNBC, ajoutant qu'il y a "commerce, bon commerce et commerce stupide".

"Nous avons fait beaucoup de commerce stupide et c'est ce que nous allons corriger", a-t-il ajouté, indiquant que "la dernière chose que nous ferons, c'est d'imposer des droits de douane" punitifs.

"Ce qui est important, c'est augmenter les exportations américaines et se débarrasser des barrières, tarifaires ou non, aux exportations américaines", a affirmé le nouveau ministre du Commerce.

La mise en oeuvre de la politique américaine en terme de commerce international ne relève toutefois pas directement du ministre du Commerce, mais du Représentant spécial pour le commerce (USTR) qui n'a pas encore été nommé.

De son côté, M. Mnuchin a indiqué que son objectif allait être de réduire la charge fiscale pesant sur les ménages et les entreprises.

"Je comprends ce qu'il faut faire pour redresser l'économie et je suis heureux de pouvoir aider le président élu Trump à appliquer son agenda économique innovant pour créer des emplois bien payés et défendre le travailleur américain", a affirmé M. Mnuchin mercredi.

L'économie américaine se porte déjà toutefois bien avec un taux de croissance plutôt élevé (3,2% en rythme annualisé au 3e trimestre) et un taux de chômage faible (4,9%).

Parmi les postes les plus importants de son gouvernement, Donald Trump n'a pas encore nommé son secrétaire d'Etat (Affaires étrangères) ni celui de la Défense.

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."