Bilan

Aménagement: les détails qui comptent

Pas facile de créer des espaces de travail où clients et collaborateurs se sentent totalement en confiance. Des architectes d’intérieur décryptent les grandes tendances en Suisse romande.
  • Projet élaboré par le bureau Etienne Chaillet, qui aime «jouer sur la mise en perspective».

    Crédits: Dr
  • Bureau à Carouge (GE) dessiné par Alfa Design. Indispensables pour bien travailler: un éclairage adéquat et une bonne position pour le dos.

    Crédits: Dr

Où placer les collaborateurs, quelle moquette choisir ou encore faut-il installer un baby-foot? Pour résoudre ces questions, les grandes firmes confient souvent l’aménagement de leurs bureaux à des architectes d’intérieur. Leur but: gérer l’espace de manière à satisfaire à la fois les collaborateurs et les visiteurs. Si l’open space est toujours en vogue, c’est que les contraintes liées au calme et à l’intimité sont désormais gérables. Certains matériaux amènent une meilleurs acoustique selon Nathalie Bizon-Vugliano, architecte chez BVO Interior Design à Genève. En ce qui concerne l’intimité, «il faut jouer sur la mise en perspective», conseille Etienne Chaillet, patron d’un cabinet d’architecture basé à Bevaix (NE).  «Il existe des plaques amovibles que l’on peut rendre opaques», poursuit-il.

Ces spécialistes de l’aménagement visent à créer des bureaux différents, propres à chacun puisque les différents corps de métier éprouvent des besoins spécifiques. Le sur-mesure permet de transmettre l’identité ainsi que les valeurs de l’entreprise. 

Le processus est long. Les architectes d’intérieur rencontrent en général les directeurs marketing de la firme. Au fil des discussions, les attentes sont définies et la faisabilité du projet se dessine. C’est ensuite que les transformations commencent. Le tout prend quelques semaines, voire plusieurs mois suivant l’ampleur des travaux. Il faut dire que rien n’est laissé au hasard.   

Acajou vs aluminium

«Dans l’univers classique du luxe, on travaillera davantage le bois, le cuir et les moquettes, indique Anne-Laure Ferry-Adam. Dans le contemporain, c’est un style plutôt industriel. On utilisera du métal ainsi que du lin ou de la laine.» L’architecte d’intérieur d’Alfa Design précise que les secteurs haut de gamme dont elle s’occupe respectent plusieurs codes, dont ceux de l’hôtellerie. «Certaines personnes passent leur vie dans des halls d’hôtel, cet agencement a quelque chose de rassurant pour elles.» 

De la réception aux salles de conférences, tout est soigneusement étudié pour mettre à l’aise. «Dans une société financière, par exemple, des clients de plusieurs générations vont faire des affaires. Tandis que d’autres secteurs ont une clientèle bien précise», explique Nathalie Bizon-Vugliano. Une firme comme Instagram mise sur un aménagement qui lui ressemble, loin des vieilles bibliothèques en acajou et des canapés massifs en cuir noir. Les bureaux du géant américain de partage de photos semblent tout droit sortis du réseau social, justement. Avec leurs tables hautes en bois clair, leurs photos de chiens au mur et leurs lampes au style industriel, les quartiers se prêtent parfaitement aux hashtags en vogue. 

L’importance des couleurs

La gamme de couleurs a évolué au fil des années. Si le rouge a longtemps été la référence dans les bureaux luxueux, la tendance change. «Aujourd’hui, on me demande du vert ou du bleu franc. C’était impossible il y a quelques années», s’amuse Anne-Laure Ferry-Adam. La designer connue des grands bureaux genevois incorpore volontiers du rouge pour respecter les vœux de ses clients, mais elle propose également du violet, du jaune et d’autres couleurs chaudes qu’elle décline. 

«C’est vraiment au cas par cas. Mais de manière générale, nous pouvons réutiliser le code couleur de l’entreprise», ajoute Nathalie Bizon-Vugliano. Son confrère Etienne Chaillet va encore plus loin: «C’est une question de fréquence. Les couleurs ont une influence directe sur le cerveau.» Le Neuchâtelois tient à réfléchir à chaque détail de la pièce, des coussins à la plante verte, et les coloris ne font pas exception. «C’est autre chose que de choisir le rose pour la chambre de sa petite fille.»

Une partie de baby-foot?

Quid de la zone récréative dans les entreprises? Depuis quelques années, dans le sillage des colosses Google et Facebook, les espaces de détente fleurissent chez les grosses firmes et celles basées en Suisse ne font pas exception. «Il y a un besoin d’humanité», admet Nathalie Bizon-Vugliano. Les tables et chaises vétustes laissent place aux baby-foot et aux canapés colorés. 

La question du bonheur au travail est arrivée relativement tard en terres lémaniques, rappelle Anne-Laure Ferry-Adam. Le concept du bien-être des employés, longtemps accessoire, est apparu dans nos contrées il y a cinq ans environ, porté par un courant anglo-saxon. Si cet élan gagne du terrain, l’espace de détente est loin d’être présent partout. La faute à la place limitée au sein des bâtiments. Mais aussi pour d’autres raisons: «Il n’est pas nécessaire, affirme Etienne Chaillet. Le bureau n’a pas à être un lieu de stress.» 

Optimiste, l’architecte veut faire en sorte que les employés soient heureux d’aller travailler. Plusieurs éléments contribuent à atteindre ce but: un éclairage adéquat, mais aussi une bonne position pour le dos. Les tables ergonomiques fleurissent, les personnes peuvent travailler assises sur une chaise, un tabouret, un canapé ou même debout. Etienne Chaillet insiste: «Il faut soigner la base.» Pour les cadres, il préconise au moins un plan de travail, une table ronde ainsi qu’un canapé, soit «trois moments de vie différents dans un même espace». 

Tout n’est pas possible, en raison des différentes contraintes. Le budget, la place à disposition ou la volonté du client sont autant de données qui obligent les architectes d’intérieur à modifier leurs plans. Le terrain de jeu reste vaste, du mur au plafond.

Garciarebecca1
Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

Du même auteur:

A chaque série Netflix son arôme de cannabis
Twitch: comment devenir riche et célèbre grâce aux jeux vidéo

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."