Bilan

Zoug attire les acteurs mondiaux du bitcoin

Un cluster dans le cryptage est né à vingt minutes de Zurich, grâce à une attitude helvétique ouverte à ces recherches, associée à l’excellence de la main-d’œuvre locale.

Le bitcoin est une monnaie virtuelle qui permet d’effectuer des paiements sans passer par une banque.

Crédits: Jens Kalaene

Les monnaies cryptées, bitcoin en tête, c’est la prochaine révolution dans la finance.

Le bitcoin, c’est cette monnaie virtuelle qui permet d’effectuer soi-même des paiements depuis son ordinateur sans passer par une banque. Créée en 2009, elle compte aujourd’hui des partisans bien au-delà du cercle des initiés, geeks et anarchistes. Le développement des technologies rend inévitable le moment où une monnaie purement électronique coexistera avec nos billets et pièces de monnaie. Et ce futur se fabrique en bonne partie en Suisse. Dans la région de Zoug, une Crypto Valley réunit de nombreux acteurs internationaux de cette industrie encore embryonnaire.

Ces deux dernières années, différentes start-up ont installé leur siège dans ce paradis fiscal à vingt minutes de Zurich. L’Américain Chris Odom a créé, à Baar, sa société Monetas qui se profile dans le registre ultraspécialisé des technologies de la cryptographie. Il y côtoie la firme Ethereum, active dans le même domaine avec des implantations à Toronto, New York, Londres, Berlin et Amsterdam.

Société emblématique, Ethereum a pour cofondateur Vitalik Buterin, âgé de tout juste 20  ans. Au printemps dernier, celui-ci a reçu une bourse de 100 000  dollars de la part de la Fondation Thiel, financée par le fameux Peter Thiel, l’un des initiateurs de PayPal.

«La raison fondamentale de choisir la Suisse comme base pour des recherches en cryptographie est que ce domaine y est libre. Ce n’est pas le cas aux Etats-Unis ou en France, où pratiquer ce genre de recherches hors mandat gouvernemental peut être compliqué. Le bitcoin y est considéré comme n’importe quel moyen de paiement et exige donc une licence bancaire pour toute activité où des fonds de tiers sont sous la responsabilité de l’entreprise», commente Arnaud Salomon.

Cofondateur d’airbex.net, ce Vaudois de 32 ans opère une plateforme d’échange entre cryptomonnaies (bitcoin, litecoin, darkcoin et dogecoin) et devises traditionnelles. Et il prépare pour début 2015 le lancement d’ewallex.com. Ce porte-monnaie virtuel permettra d’y lier une carte bancaire, d’effectuer des transactions en bitcoins, ainsi qu’en trente devises classiques, créant un pont entre le nouveau et l’ancien paradigme des systèmes e-wallet, par exemple PayPal.

Un cadre fixé par le Conseil fédéral

La Finma, le gendarme des marchés financiers, a renoncé à produire un cadre spécifique pour le bitcoin. Selon un rapport publié le 25 juin 2014 (rapport du Conseil fédéral sur les monnaies virtuelles), la cryptomonnaie doit s’en tenir à la législation existante, car elle reste trop marginale pour légitimer des lois particulières. Or les Etats-Unis et l’Union européenne multiplient de leur côté les règlements et intentions opposés.

«La Suisse est très attrayante, car dès que vous organisez des événements vous trouvez facilement des individus à la fois intéressés aux cryptomonnaies et très qualifiés en informatique ainsi qu’en finance.» Cofondateur de la société de trading SBEX à Genève, Alexis Roussel travaille parallèlement à la création d’un incubateur de start-up basé à Serrières (NE). Le Genevois anticipe: «Vous allez voir plein de nouveautés en 2015. Après une vague d’investissement remontant à deux ans, les développements sont maintenant mûrs et ne vont pas tarder à arriver sur le marché.» 

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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