Bilan

WeWork: Softbank prêt à investir 4 à 5 milliards de dollars

L'apport de cet argent frais, qui donnerait le contrôle à Softbank, conférerait à la société une valeur de 8 milliards de dollars, contre plus de 47 milliards il y a encore quelques mois seulement.

WeWork a été contraint de renoncer en septembre à ce qui devait être l'une des introductions en Bourse les plus en vues de l'année.

Crédits: Keystone

Le groupe japonais Softbank est prêt à investir de 4 à 5 milliards de dollars supplémentaires dans WeWork, le géant des bureaux partagés, pour lui permettre d'éviter la faillite, a indiqué lundi à l'AFP une source proche du dossier.

L'apport de cet argent frais, qui donnerait le contrôle à Softbank, conférerait à la société une valeur de 8 milliards de dollars, a ajouté cette source sous couvert d'anonymat, contre plus de 47 milliards il y a encore quelques mois seulement.

La banque JPMorgan Chase, qui a également des intérêts dans WeWork, devrait présenter un plan de sauvetage financier concurrent lors d'un conseil d'administration prévu mardi de la société, a encore dit la source.

Elle n'a pas pu donner les grandes lignes de la contre-offre de la première banque américaine par actifs.

Défiance des milieux d'affaires

Pour ce qui est de Softbank, le groupe du milliardaire japonais Masayoshi Son prévoit de racheter des titres à des investisseurs ainsi qu'aux employés dont Adam Neumann, le cofondateur dont les frasques ont contribué à la défiance des milieux d'affaires vis-à-vis de WeWork.

Softbank, qui détient déjà 29% du capital, pourrait se retrouver avec 80% si la transaction allait au bout, ce qui lui permettrait de diminuer drastiquement l'influence de M. Neumann, qui dispose de droits de vote majoritaires, croit savoir la source, confirmant des informations de CNBC.

Contacté par l'AFP, WeWork a refusé de commenter.

Sans aide financière, WeWork pourrait se retrouver à court de liquidités d'ici la fin novembre, estiment les analystes financiers.

La société, dont la note de solvabilité financière a été reléguée dans la catégorie de dettes toxiques par les agences de notation, avait pour 2,5 milliards de dollars de trésorerie au 30 juin mais les coûts de construction et d'autres dépenses ont aspiré cet argent, selon des sources bancaires.

Interrogations multipliées

Les interrogations se sont en outre multipliées sur sa capacité à gagner de l'argent et à faire face au ralentissement économique mondial, l'immobilier étant souvent l'un des premiers secteurs touchés.

WeWork a ainsi été contraint de renoncer en septembre à ce qui devait être l'une des introductions en Bourse les plus en vues de l'année.

L'entrée à Wall Street aurait pu lui permettre de lever au moins 3 milliards de dollars et de bénéficier en plus d'une ligne de crédit de 6 milliards de dollars auprès de grandes banques.

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