Bilan

Viktor Vekselberg redevient le Russe le plus riche

Après avoir cédé son trône officieux à Alisher Usmanov voici quelques mois, Viktor Vekselberg, qui a vécu en Suisse, redevient le Russe le plus riche avec 14,7 milliards de dollars.
  • Viktor Vekselberg, qui a vécu en Suisse plusieurs années, est redevenu le Russe le plus riche à la faveur des sanctions occidentales contre son pays.

    Crédits: Image: DR
  • Alisher Usmanov était largement en tête du classement des grandes fortunes russes en mars, mais la chute des cours des hydrocarbures a fait fondre sa fortune ces derniers mois.

    Crédits: Image: SkyNews
  • Mikhail Fridman complète le podium avec un capital estimé à 12,5 milliards de dollars (contre 15,2 en mars).

    Crédits: Image: DR
  • Roman Abramovich est le premier du classement à n'avoir pas vu sa fortune baisser entre mars et septembre, passant de 12,6 à 12,7 milliards de dollars.

    Crédits: Image: DR
  • Alexei Mordashov, 5e fortune russe, est celui dont le capital a le plus fortement augmenté cette année, passant de 10,1 à 11,7 milliards de dollars entre mars et décembre.

    Crédits: Image: DR

Les sanctions occidentales contre la Russie ont des effets inattendus: le classement des Russes les plus riches a été largement impacté ces derniers mois par les mesures décrétées par les pays d'Europe occidentale et les Etats-Unis contre le pays dirigé par Vladimir Poutine, suite à la crise russo-ukrainienne. Et Viktor Vekselberg redevient de ce fait l'homme le plus riche de Russie, devançant son compatriote Alisher Usmanov.

C'est un retour à la première place pour celui qui a vécu plusieurs années en Suisse: il avait déjà été au sommet du classement des grandes fortunes russes en 2012. Mais voici quelques mois, Alisher Usmanov, magnat de la métallurgie (via son conglomérat Metalloinvest), des telecoms et des médias, ce dernier avait atteint une fortune de 18,3 milliards de dollars en mars 2014, contre 14,9 à l'époque pour Viktor Vekselberg, lui aussi actif dans le domaine des hydrocarbures (via le groupe pétrolier Rosneft), mais qui a largement diversifié ses investissements et placements au cours des deux années écoulées.

Pétrole, sanctions et chute du rouble

Les derniers mois ont cependant mis à rude épreuve les grandes fortunes russes. La baisse des cours du pétrole a gravement affecté les avoirs de ceux qui avaient placé d'importants capitaux dans ce domaine. Avec un baril dont le prix a été divisé par deux en quelques mois, la manne des hydrocarbures n'est plus aussi rémunératrice qu'avant. Les sanctions occidentales contre la Russie suite à la crise russo-ukrainienne, puis l'effondrement du cours du rouble au dernier trimestre 2014 ont aggravé la situation.

Mais l'impact n'a pas été le même pour tous. Viktor Vekselberg n'a ainsi perdu que 200 millions de dollars en quelques mois, tandis qu'Alisher Usmanov a vu son capital chuter de 4,5 milliards de dollars, soit prè de 25% de sa fortune. A la faveur de ces changements, le premier retrouve sa place de leader du classement officieux des grandes fortunes russes établi par le cabinet Wealth-X.

L'acier reste très lucratif

Sur le podium figure également Mikhail Fridman, dont les avoirs sont essentiellement placés dans des institutions financières et des banques, qui émarge à 12,5 milliards de dollars (contre 15,2 milliards en mars 2014). Il faut aller au pied du podium pour trouver des grandes fortunes dont le capital n'a pas fondu cette année: Roman Abramovich, président du club de foot de Chelsea et très actif dans le domaine de l'acier via sa holding Millhouse Capital, est passé de 12,6 à 12,7 milliards de dollars entre mars et décembre; et Alexeï Mordashov, CEO de Severstal (acier), a même vu son capital augmenter d'1,6 milliard de dollars entre mars et décembre, passant de 10,1 à 11,7 milliards de dollars.

Le classement publié par Wealth-X démontre donc clairement que les fortunes concentrées dans le domaine des hydrocarbures ont bien plus souffert que celles plus diversifiées. Le secteur de la métallurgie et de la sidérurgie a constitué une bouée d'oxygène pour de nombreuses grandes fortunes. Notamment en raison des besoins toujours croissants des pays émergents où les débouchés pour l'acier et les autres métaux restent très importants.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

Du même auteur:

Offshore, Consortium, paradis fiscal: des clefs pour comprendre
RUAG vend sa division Mechanical Engineering

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."