Bilan

Vers un millésime record pour les dividendes

Ce printemps, les sociétés du SMI distribueront 37,5 milliards à leurs actionnaires. A quoi faut-il prendre garde? Conseils.
  • Cette année, Nestlé devrait distribuer 7,3 milliards à ses actionnaires, un montant jamais encore atteint en Suisse.

    Crédits: Bruno Levesque/Maxppp/Keystone

Les actionnaires de Nestlé ont déjà surligné depuis des semaines dans leur agenda la date du 7 avril. Car c’est ce jour-là que se tiendra au Palais de Beaulieu, à Lausanne, la 149e assemblée générale du fabricant de denrées alimentaires, lors de laquelle les actionnaires voteront sur la proposition de dividende du conseil d’administration. Il est probable qu’une part de bénéfice de 2,30 francs par action sera distribuée, 10 centimes de plus qu’en 2014. Il en résulte une distribution totale de 7,3 milliards de francs pour les propriétaires de Nestlé, un montant jamais encore atteint en Suisse.

Nestlé n’est pas la seule entreprise du SMI qui accroît sa distribution. Les vingt entreprises représentées au Swiss Market Index (SMI) augmenteront en moyenne leur dividende de 5%, selon les estimations du journal Finanz und Wirtschaft. Le total du montant distribué par toutes les sociétés du SMI devrait donc se situer autour de 37,5 milliards de francs. Il y a cinq ans, cette somme tournait encore autour de 27,5 milliards.

Dans l’intervalle, ce sont les dividendes de l’entreprise technologique Comet (+86%), du fournisseur de solutions de sécurité Dorma + Kaba (+55%) et du réassureur Swiss Re (+49%) qui ont le plus augmenté (voir tableau ci-dessous). 

Au printemps, jour de paie

Les dividendes sont habituellement payés au printemps, entre mars et mai, sauf pour les entreprises qui ont adopté une année calendaire différente de l’année civile. Ont droit au dividende les actionnaires qui, à la date ex (le jour de négoce où l’action est traitée pour la première fois hors dividende), ont des titres dans leur dépôt. La date ex est généralement fixée un ou deux jours après l’assemblée générale annuelle. Mais ces échéances sont souvent fixées à court terme. C’est pourquoi, pour les investisseurs, mieux vaut se référer à la date de l’AG.

A cet égard, il convient que les investisseurs n’oublient pas que les dividendes forment certes une part notable du rendement global, mais que l’évolution du cours est encore plus importante. Ceux qui, dans un contexte de taux extraordinairement bas, misent sur les paiements réguliers de dividendes d’actions plutôt que sur des obligations ne doivent pas prendre en compte uniquement le niveau du dividende en chiffres absolus (voir tableau ci-dessous), mais également la stabilité des actions.

L’investisseur enclin à la sécurité doit donc sélectionner des titres qui affichent une faible volatilité. La volatilité est l’amplitude des fluctuations. Plus le cours de l’action oscille fortement vers le haut ou le bas, plus sa volatilité est élevée (voir tableau ci-dessous).

Attention aux rendements élevés

L’année boursière écoulée, plus nettement marquée par des mouvements haussiers et baissiers, a montré aux investisseurs que les pertes de cours pouvaient de loin primer sur les versements de dividendes (voir grand tableau ci-contre). Cela saute aux yeux avec des actions comme Zurich Insurance, ABB et Transocean, dont le rendement de dividende moyen n’a absolument pas compensé la chute de cours sur ces douze derniers mois.

L’exemple de l’exploitant de plateformes pétrolières Transocean indique de manière exemplaire que de hauts rendements de dividende ne sont pas forcément durables. L’année précédente, à la Bourse suisse, Transocean était la société au plus fort rendement de dividende (12%). Il n’en est rien resté: en raison de la mauvaise marche des affaires en 2015, la société renonce à payer un dividende.

Les investisseurs munis d’actions comme Givaudan, Bâloise et Flughafen Zürich, qui ne figurent pas au sommet du classement des dividendes, s’en sont mieux tirés. Et les actionnaires de Nestlé peuvent se dire satisfaits de l’exercice 2015: la combinaison entre gain de cours et dividende leur vaut un rendement de 5%, alors même que le marché est, dans son ensemble, dans le rouge. 

* Finanz und Wirtschaft

Pascal Meisser*

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