Bilan

Une victoire du Brexit se traduirait par un afflux d'argent en Suisse

Un "oui" au Brexit le 23 juin prochain devrait se traduire à un afflux de fonds à gérer en Suisse, traditionnelle terre d'asile pour les capitaux en cas de climat d'incertitude politique.

Actuellement, les négociations entre la Suisse et l'UE sont suspendues à la demande de Bruxelles jusqu'après le référendum du 23 juin, car l'UE craint qu'elles n'influent sur le vote du Brexit.

Crédits: Reuters

Une victoire du Brexit le 23 juin prochain devrait se traduire à un afflux de fonds à gérer en Suisse, traditionnelle terre d'asile pour les capitaux en cas de climat d'incertitude politique, selon les banquiers privés suisses.

Un "oui" à la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE provoquerait un climat "d'incertitude" en Europe, ce qui devrait se traduire par un "afflux de nouveaux fonds à gérer" en provenance d'Europe vers la Suisse, a estimé Grégoire Bordier, vice-président de l'Association des banques privées suisses (ABPS), au cours d'un séminaire à Genève organisé par l'ABPS et l'Association des banques suisses de gestion.

Interrogé sur la manière dont se préparent les banques à cette éventualité, il a répondu qu'il était "très difficile de se préparer à des évènements incertains".

De son côté, Jacques de Watteville, négociateur en chef de la Suisse pour l'Union européenne, a estimé que la Confédération "a tout intérêt que l'Europe aille bien".

Ceci étant, a-t-il ajouté, "la terre continuera à tourner le 24 juin", le lendemain du vote britannique, même en cas de victoire du Brexit.

Actuellement, les négociations entre la Suisse et l'UE sont suspendues à la demande de Bruxelles jusqu'après le référendum du 23 juin, car l'UE craint qu'elles n'influent sur le vote du Brexit.

Pour sa part, le parlementaire Christian Lüscher (libéral), invité à ce séminaire, a indiqué que la tâche du gouvernement suisse était de "tout faire pour que le pays reste un hâvre de paix et de prospérité", dans un contexte d'Europe troublée par une victoire éventuelle du Brexit.

Selon Otmar Issing, ancien économiste en chef de la Banque centrale européenne et présent à ce séminaire, si le Brexit "gagne, ce serait la première fois que l'intégration européenne recule".

"Ce serait le premier pas en arrière", qui pourrait entraîner d'autres pays sur cette voie, a-t-il ajouté, en précisant qu'il n'était pas très optimiste quant à l'issue du scrutin.

Les électeurs dans le monde ont "perdu confiance dans leurs leaders", ce qui pourrait conduire à court-terme à un G7 avec "Donald Trump, Beppe Grillo, et Boris Johnson" qui mènent des campagnes aux accents populistes aux Etats-Unis, en Italie et au Royaume Uni, assis à une même table, a-t-il estimé.

"Les gens ordinaires au Royaume-Uni ne comprennent pas quand ils entendent que le Brexit" est applaudi ou rejeté par la moitié de la population et ils "votent en conséquence pour Nigel Farage et Boris Johnson", partisans du Brexit, a-t-il conclu.

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