Bilan

Une plateforme suisse lance le crowdfunding «vert»

Axée sur la transition énergétique, Greencrowdfunder vise des projets à fort potentiel de croissance, avec prises de participation et dividendes pour les investisseurs. En s'éloignant de la simple contribution militante, la plateforme incarne le nouveau visage du crowdfunding.

Les projets sélectionnés par Greencrowdfunder intégreront la dimension environnementale, mais devront avant tout permettre un retour sur investissement intéressant.

Crédits: DR

Le temps où le crowdfunding se limitait à soutenir un projet avant tout par conviction, avec en contrepartie un retour symbolique, s'éloigne de plus en plus. La plateforme Greencrowdfunder.com présentée vendredi 1er décembre à Lausanne va proposer au public de financer, par prêt ou prise de participation, des entreprises suisses ou étrangères orientées sur les énergies vertes, mais avec objectif central l'identification de projets à fort potentiel de croissance et de rendements.

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Premier projet sélectionné par les deux cofondateurs: la société suisse BT Sun, qui propose des programmes intégrés de production, gestion, maintenance et revente d'électricité solaire sur le réseau. Pour Idiriz Guler, créateur de l'entreprise, recourir au crowdfunding a un double avantage: «Les investisseurs vont devenir mes actionnaires, et le versement de leurs dividendes est défini de manière transparente. En plus d'accélérer le développement de l'entreprise, je peux attendre d'eux qu'ils fassent connaitre la société dans leur entourage, voire adoptent eux-même la solution.»

Un regard de capital risqueur sur les projets

Pour appuyer la démarche, les deux cofondateurs de Greencrowdfunder mettent en avant leur expérience de venture capitalists et investisseurs. Pierre Biraben, ancien gestionnaire de fortune en Suisse, 10 ans d'investissements pour la Banque mondiale dans les pays émergents, et Alan Tawil-Kummerman, investisseur et créateur d'entreprise dans le digital et ancien de chez Lazard Londres, visent une sélection rigoureuse des projets proposés sur la plateforme.

«Nous choisissons les entreprises comme si nous y allions nous-même y investir, explique Alan Tawil-Kummerman. En tant que créateurs d'entreprises, le plus important pour nous est de rencontrer physiquement la personne, comme nous l'avons fait avec Idiriz Guler, afin d'évaluer sa personnalité et sa ténacité. Ensuite, regarder le business model et les hypothèses de croissance. Sur quoi se basent elles? Un business plan qui annonce en l'air 10% de croissance l'année suivante n'est pas significatif en soi. Dans les faits, peu d'entrepreneurs font une analyse profonde.»

Enfin, le «go to market» et les stratégies commerciales sont disséquées. Sur le modèle des ventures capitalists, Greencrowdfunder coache et travaille pour ajuster le modèle d'affaires de l'entreprise. A l'heure actuelle, après plusieurs projets analysés, seul BT Sun a été sélectionné par les deux cofondateurs pour être proposé sur la plateforme.

L'évolution d'un secteur en forte croissance

Si la plateforme est la première en Suisse uniquement centrée sur les projets verts, elle s'inscrit dans une tendance générale de ce marché à la spécialisation, et le virage depuis le don vers la logique d'investissement. Greencrowdfunder.com externalise vérification règlementaire des investisseurs et le traitement des paiements auprès de raizers.com, créé depuis trois ans, un crowdfunder suisse qui a déjà permis à 40 projets de lever plus de 15 millions de francs.

Un partenariat cohérent pour Maxime Pallain, fondateur de Raizers: «Aujourd'hui, le secteur a tellement évolué qu'en France par exemple, on ne parle déjà plus de crowdfunding, mais de plateformes d'investissement. Raizers est divisée en plusieurs verticales, notamment l'immobilier et le cinéma, qui demandent des connaissances très spécifiques, et ce sont des professionnels de chaque secteur qui identifient les projets d'investissement pertinents. La sélection est forte et seuls 3% des projets qui nous sont soumis finissent présentés au public.»

C'est d'ailleurs l'immobilier qui devrait tirer le crowdfunding suisse cette année, avec des plateformes comme Crowdhouse ou Swisslending. Encore à 128 millions en 2016, il pourrait passer les 300 millions en 2017. Une progression certaine, mais encore une goutte d'eau dans les 432 milliards réalisés à échelle mondiale l'année passée, dont 307 milliards en Chine et 105 milliards aux Etats-Unis.

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Joan Plancade
Joan Plancade

JOURNALISTE

Lui écrire

Diplômé du master en management de l’Ecole supérieure de Commerce de Nantes, Joan a exercé pendant sept ans dans le domaine du recrutement, auprès de plusieurs agences de placement en France et en Suisse romande. Collaborateur externe pour Bilan, Il travaille en particulier sur des sujets liés à l’entreprise, l’innovation et l’actualité économique.

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