Bilan

Une future banque privée suisse sur la blockchain?

La startup financière lausannoise Swissborg s’apprête à lever l’équivalent de 150 millions de francs auprès de détenteurs de bitcoins et d’ethers, afin d’assurer son lancement et le financement d’un fonds en crypto-monnaies. Un objectif: poser les fondements d’une banque privée dématérialisée.

L'équipe de SwissBorg entend révolutionner le secteur de la banque privée en s'appuyant sur la Blockchain.

Crédits: DR

Lever 150 millions de francs quand on est une entreprise en lancement à la notoriété encore limitée: l’ambition de la fintech lausannoise Swissborg pourrait sembler irréalisable, si l’on ne parlait pas d’une levée de fonds participative par Initial Coin Offering (ICO), du même type que celles qui ont par dizaines défrayé la chronique et agité le monde des crypto-monnaies depuis un an. La leur, ils la préparent depuis près de neuf mois. «C’est plutôt long», relève Cyrus Fazel, fondateur et ancien hedge fund advisor chez Sequoia Asset management à Genève, pour se démarquer des ICO opaques de plusieurs dizaines de millions montées en quelques jours et qui soulèvent de plus en plus de doutes quant à la solidité des projets.

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Le 21 novembre, Swissborg va ainsi proposer au public averti deux types de «tokens» (jetons) dans le cadre de sa levée de fonds, tous deux cotés, et donnant lieu à rétribution. Un premier, représentant «l’adhésion à la communauté et au réseau Swissborg», selon les entrepreneurs. 175'000 ethers (la crypto-monnaie de la blockchain Ethereum), soit l’équivalent de 50 millions de francs en capital-risque sont attendus ici, contre 62,5% des «tokens» créés. 12 millions de francs de jetons ont déjà été pré-vendus, pour moitié à une banque étrangère active en Suisse.

Accessibilité et volonté de rassurer

Le second type de jetons correspond à une participation dans le premier produit de Swissborg, un fonds baptisé «Cryptalion», pour lequel la startup prévoit de lever 350'000 ethers, soit l’équivalent de 100 millions de francs. Il s’agit d’un panier de crypto-monnaies (bitcoins, ethers, ainsi que d’autres monnaies digitales) intégré dans la blockchain Ethereum, qui sera géré par Swissborg selon une approche multi-stratégie.

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Cette stratégie, Anthony Lesoismier, cofondateur de Swissborg et ancien gestionnaire de fonds chez JFD à Monaco, la détaille: «Une partie sera placée à long et moyen terme, une partie sera gérée à plus court terme. Les dynamiques de marché et les mécanismes sont les mêmes que dans la finance classique. Notre équipe vient de la sphère financière, des hedge funds et de la banque privée, et nous visons désormais à appliquer notre expérience au monde des cryptos».

S’ils se veulent rassurant en mettant en avant leur parcours, les associés ne manquent pas de relever les opportunités de rendements d’un marché en explosion et qui en est encore à ses balbutiements. «Avec la crypto-monnaie, on a affaire à un sous-jacent encore largement incompris, historiquement associé au hacking, puis à la drogue. Certains croient même avoir à faire à une arnaque selon un schéma de Ponzi. De fait, on constate une inefficience comme on ne la voit plus depuis 30 ans, sur un marché très drivé par l’émotionnel. Appliquer un peu d’analyse technique donne des résultats très significatifs.» Et de mettre en avant que seulement 2% de bitcoin dans un portefeuille permettait ces dernières années de multiplier le rendement global par deux.

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Joan Plancade
Joan Plancade

JOURNALISTE

Lui écrire

Diplômé du master en management de l’Ecole supérieure de Commerce de Nantes, Joan a exercé pendant sept ans dans le domaine du recrutement, auprès de plusieurs agences de placement en France et En Suisse romande. Aujourd’hui journaliste indépendant, Il travaille en particulier sur des sujets liés à l’entreprise, l’innovation et l’actualité économique.

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