Bilan

Un groupe horloger flambe en bourse en 2016

Alors que les titres concurrents sont en chute, les actions de Citychamp Watch & Jewellery Group ont gagné 80% en six mois. Les bons résultats de Corum ne suffisent pas à expliquer ce phénomène.

Le titre Citychamp Watch & Jewellery a progressé de près de 80%. 

Crédits: Keystone

Que se passe-t-il donc à la Bourse de Hong Kong avec le titre Citychamp Watch & Jewellery ? L’action, qui se négociait autour de 1.04 HK$ en janvier, a dépassé les 1,8 HK$ à fin août, soit une progression de près de 80% !

Et cela dans une conjoncture morose pour les horlogers, plus encore pour ceux qui opèrent en Chine, comme c’est le cas de Citychamp qui dispose, avec Rossini et Ebhor, de deux marques extrêmement fortes dans l’Empire du Milieu.

Dans le même temps, les titres phares du secteur, à commencer par Richemont et Swatch Group, affichent respectivement des reculs de quelque 21% et 28%. Certes, le poids de Citychamp doit être relativisé, eu égard à ses quelque 400 millions de francs de chiffre d’affaires comparés aux 10,4 milliards d’euros de Richemont et aux 8,4 milliards de francs de Swatch Group.

Corum et Eterna réanimés

Basé à Hong Kong, le groupe Citychamp Watch & Jewellery s’est notamment distingué ces derniers mois en réanimant Corum et Eterna, deux marques suisses installées à La Chaux-de-Fonds et à Granges et qui, aux côtés du Dreyfuss Group (UK), représentent les activités européennes de ce nouveau venu sur la scène horlogère helvétique. La montée en flèche de l’action Citychamp ne trouve cependant pas d’explication à la lecture des comptes du premier semestre du groupe publiés il y a quelques jours.

Lire aussi: Le patron de Corum remplacé par les propriétaires chinois

De fait, les marques Rossini et Ebhor affichent des reculs de 17% et 20% de leurs chiffres d’affaires (un peu moins en Renminbi, eu égard à la dépréciation de la monnaie chinoise). Le Dreyfuss Group plonge de près de 50% (dû notamment, selon Citychamp, à l’incertitude qui a prévalu au Royaume-Uni avant le vote sur le Brexit). Pour ce qui est des activités suisses, Eterna – après une bonne année 2015 – reperd du terrain sur les six premiers mois de l’année (- 17%), tandis que Corum affiche une impressionnante progression de 105% à 24 millions de francs.

En poste depuis un an chez Corum, le COO Davide Traxler répète qu’il est « toujours plus facile d’afficher de bonnes progressions lorsqu’on part de bas », mais ne boude cependant pas son plaisir à doubler son chiffre d’affaires dans une période de clair repli pour l’horlogerie suisse. Corum a notamment pu bénéficier de la disponibilité des fournisseurs (souvent à la peine) pour se montrer très réactive en début d’année.

Jouer la carte locale

« On dit volontiers de notre propriétaire qu’il est chinois, mais on oublie régulièrement de dire que c’est un professionnel de l’horlogerie et un producteur de montres et de mouvements depuis des années », souligne le patron de Corum. Qui poursuit en disant que cette insistance sur la nationalité du propriétaire avait desservi la marque au départ. C’est aussi pourquoi le patron veut ancrer toujours davantage Corum à son terroir chaux-de-fonnier.

Pour ce faire, la société est l’une des rares entreprises horlogères à ouvrir régulièrement ses portes au public (les autres gardent le plus souvent ce privilège pour leurs clients VIP). Dans le même esprit, Corum a choisi de s’approcher de l’Ecole d’Art de La Chaux-de-Fonds pour associer les étudiants à une démarche créative qui débouchera sur la production d’une série limitée du modèle Bubble dessiné par le vainqueur du concours.

Plus globalement, si la progression de l’action Citychamp reste un mystère pour plusieurs personnes interrogées, le récent rachat – désormais approuvé – de la banque Valartis (Liechtenstein) par le groupe chinois pourrait avoir encouragé des investisseurs. D’autant que Citychamp a clairement annoncé sa volonté d’étendre ses activités dans les domaines bancaires et financiers.

Michel Jeannot
Michel Jeannot

FONDATEUR DE WTHEJOURNAL.COM

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Journaliste spécialisé, fondateur du site WtheJournal.com et des applications iPhone, iPad et Android associées, Michel Jeannot est à la tête du Bureau d’Information et de Presse Horlogère (BIPH), un team de journalistes collaborant avec une quinzaine de médias dans le monde, dont Bilan et le Figaro. Sa plume sûre et parfois acérée est aussi à l’aise sur les questions techniques que sur les enjeux liés à la branche et à son économie. Michel Jeannot est également éditeur et rédacteur en chef du magazine Montres Le Guide / Uhren von A bis Z / 顶级钟表鉴 (225 000 exemplaires).

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