Bilan

Un expert réclame l'arrimage du franc à un panier de devises

La Banque nationale suisse (BNS) devrait arrimer le franc à un panier de devises afin de lutter contre l'appréciation de la monnaie helvétique, estime l'expert monétaire Peter Bernholz.

Au lieu de simplement abroger le taux plancher de 1,20 franc pour un euro, la BNS aurait dû introduire un panier de devises, à parts égales en euros et en dollars. Selon Peter Bernholz, cette phase de transition aurait permis de limiter le choc et ainsi d'éviter d'entamer la confiance en la Banque nationale.

Crédits: Keystone

La Banque nationale suisse (BNS) devrait arrimer le franc à un panier de devises afin de lutter contre l'appréciation de la monnaie helvétique, estime l'expert monétaire Peter Bernholz dans un entretien paru dans la "NZZ am Sonntag". L'introduction d'une telle mesure risquerait toutefois de coûter cher à l'institut d'émission.

"Si d'autres banques centrales continuent d'accroître la masse monétaire comme elles le font à l'heure actuelle, nous devrons nous adapter à la situation. Il s'agit de limiter les dégâts pour la Suisse", souligne le professeur émérite d'économie à l'Université de Bâle, considéré comme un proche de la BNS.

Au lieu de simplement abroger le taux plancher de 1,20 franc pour un euro, la BNS aurait dû introduire un panier de devises, à parts égales en euros et en dollars. Selon Peter Bernholz, cette phase de transition aurait permis de limiter le choc et ainsi d'éviter d'entamer la confiance en la Banque nationale.

"Aujourd'hui, je recommanderais par exemple un cours plancher de 1,14 franc pour un euro et un dollar à la parité. "Nous devons à tout prix empêcher une désindustrialisation, comme ce qui s'est passé en Grande-Bretagne".

Afin de défendre une telle mesure, la BNS devrait à nouveau intervenir à coups de milliards, car la Banque nationale suisse doit d'abord restaurer sa crédibilité, affirme l'expert.

A ses yeux, les taux d'intérêt négatifs mis en place par la BNS pour affaiblir le franc constituent une erreur. La mesure n'a pas réussi à dissuader les investisseurs étrangers, car il est toujours attrayant d'investir en Suisse.

Les conséquences négatives des taux négatifs se font ressentir sur les marchés immobilier et des actions. "Les investisseurs sont entraînés dans la mauvaise direction, vers des actifs plus risqués", constate-il.

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