Bilan

Un comptable suisse aurait remis à Serge Dassault des millions en cash

Un comptable suisse aurait remis 53 millions d'euros à Serge Dassault entre 1995 et 2012. La société financière genevoise Cofinor serait impliquée dans ces livraisons d'argent liquide.

L'industriel français est au coeur d'une affaire d'achat de votes dans la commune de Corbeil-Essonnes.

Crédits: Wikipedia

Un comptable suisse, entendu début octobre par les juges enquêtant sur les soupçons d'achat de voix à Corbeil-Essonnes (région parisienne), leur a décrit comment, selon lui, il a remis pour 53 millions d'euros au maire de la ville, l'industriel Serge Dassault entre 1995 et 2012, selon la presse française mardi. 

Le quotidien Libération et la chaîne France-Inter révèlent le procès-verbal d'audition dans lequel cet homme décrit le dispositif qui aurait permis à l'avionneur de recevoir à Paris de l'argent liquide depuis le Liechtenstein et la Suisse

Au centre du dispositif, une société financière genevoise, Cofinor, une chambre de compensation dont la spécialité était, selon une description faite il y a quelques mois auprès de l'AFP par un enquêteur, d'envoyer "où vous voulez dans le monde votre argent que vous lui remettez en Suisse". 

Le liquide que Gérard Limat dit avoir apporté à Serge Dassault était puisé sur des comptes au Liechtenstein, au Luxembourg ou en Suisse avant d'arriver sur les comptes genevois de Cofinor. 

Dès lors, Gérard Limat, entendu les 6 et 7 octobre par les enquêteurs, décrit la suite du circuit qu'empruntaient ces fonds, selon les deux médias. 

"Cofinor me donne un rendez-vous pas trop loin de l'Arc de Triomphe", le livreur "me remet un sachet en plastique +passe-partout+ (Carrefour, Dior, Fnac, etc.), lequel contient l'argent en numéraire entouré de papier journal. Ce n'était que des liasses de billets de 100 euros". 

"Je ne voyais jamais l'argent puisque j'allais directement au rond-point" des Champs-Elysées, siège du groupe, "je montais dans le bureau de Serge Dassault, je posais le sac dans un coin de son bureau et immédiatement, on parlait d'autre chose", a raconté Limat aux enquêteurs.

Mis en examen pour complicité de financement de campagnes électorales et d'achat de votes et blanchiment, celui qui décrit Dassault comme un "ami" n'établit pas de lien entre ces livraisons d'argent liquide et l'achat présumé de voix à Corbeil-Essonnes entre 2008 et 2012, objet de l'enquête des juges financiers.

Serge Dassault, 89 ans, a été mis en examen en avril pour "achat de votes, complicité de financement illicite de campagne électorale" et "financement de campagne électorale en dépassement du plafond autorisé". S'il a reconnu des dons, il a toujours réfuté avoir acheté des voix d'électeurs aux municipales de 2008, 2009 et 2010.

Sollicité lundi soir par l'AFP, son avocat n'a pas fait de commentaire. 

 

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