Bilan

Un ancien d'UBS est l'un des pivots du scandale du Libor

Parmi les trois banquiers arrêtés mardi à Londres pour leur rôle dans le scandale du Libor figure un ancien d'UBS. Thomas Hayes aurait même joué un rôle clé dans la manipulation des taux interbancaires.
On a appris mardi l'arrestation dans les comtés d'Essex et de Surrey de trois banquiers britanniques. Tous trois sont soupçonnés d'avoir participé activement à la manipulation du taux Libor. On sait aujourd'hui que l'un d'eux est Thomas Hayes, à qui les enquêteurs prêtent un rôle majeur dans l'affaire.

Or jusqu'en 2009, Thomas Hayes, 33 ans, a travaillé pour UBS . Recruté en 2006 par la filiale nippone de la banque suisse, il aurait tiré au moins une partie des ficelles de l'escroquerie. Il aurait convaincu notamment deux courtiers de Royal Bank of Scotland (RBS) de participer à une manipulation systématique du Tibor (Tokyo Interbank Offered Rate), avatar japonais du Libor (London Interbank Offered Rate).

Selon les actes d'accusation délivrés par les autorités canadiennes, Thomas Hayes aurait incité d'autres courtiers londoniens à manipuler les taux proposés sur le yen japonais: parmi eux figurent des employés de HSBC, de Deutsche Bank et de J.P. Morgan. Un autre employé d'UBS aurait parallèlement essayé de convaincre un ancien collègue entré chez Citigroup d'en faire autant.

Des centaines de milliards par jour

Parallèlement, Thomas Hayes aurait créé un deuxième réseau d'influence, constitué d'employés de courtiers indépendants. Tel est le cas des deux banquiers qui ont été arrêtés avec lui cette semaine à Londres: tous les deux étaient, jusqu'à il y a une année, au service du courtier britannique R P Martin.

Le volume des opérations effectuées quotidiennement sur la base du Libor, du Tibor et de l'Euribord atteint 300 milliards de dollars. En mettant à leur profit les écarts entre les taux truqués par eux et les taux effectifs, Hayes et ses complices ont fait gagner des montants en proportion à leur banque et à leurs clients. Et ils ont fait aussi monter, du coup, leurs bonus.

Le montant des détournements qui leur sont reprochés n'est pas encore connu, ni celui qui pourrait leur valoir de passer devant les juges. L'arrestation de Thomas Hayes et de ses deux complices présumés de R P Martin marque toutefois un durcissement de l'enquête à l'échelon européen, avec l'entrée en action des autorités pénales, note le Tages-Anzeiger.

14 milliards de dommages et amendes

Alors que ces anciens employés indélicats doivent aujourd'hui craindre procès et peines d'emprisonnement, les banques qui les employaient doivent s'attendre à de lourdes amendes. Morgan Stanley estime que les établissements concernés, une petite vingtaine au total, devront s'acquitter globalement de 14 milliards de dollars de «réparations».

Des rumeurs ont circulé récemment indiquant qu'UBS s'apprêterait à payer 450 millions de dollars d'amende aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne pour mettre fin à la procédure engagée contre elle dans le cadre du scandale du Libor. Barclays a été la première banque à signer un tel accord en juin pour un montant de 453 millions de dollars.

Contactée par le Tagi, UBS ne s'est pas exprimée sur les différents points mentionnés.

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