Bilan

UBS veut multiplier les produits durables

Depuis 2014, Caroline Anstey est la Madame Développement durable chez UBS Suisse. La Britannique a pour mission d’inscrire cet engagement dans l’ADN de la grande banque.

Caroline Anstey, ex-numéro 3 de la Banque mondiale.

Crédits: Nicolas Righetti/Lundi13

D’une classe toute britannique, Caroline Anstey évoque l’importance de l’engagement du secteur privé dans le développement durable. La mission de l’ancienne numéro 3 de la Banque mondiale: inscrire cette action dans l’ADN d’UBS Suisse. 

Depuis dix-huit mois, vous êtes à la tête du programme UBS and Society. En quoi consistent vos fonctions?

Ce programme s’applique à toutes les divisions de la banque avec l’objectif de promouvoir le développement durable. Le développement d’une offre de produits durables pour la clientèle constitue un enjeu crucial car nous arrivons aujourd’hui à un tournant. Les pratiques d’investissement durable sont en passe de devenir un courant dominant qui attire les investisseurs, alors qu’auparavant la plupart de ces impulsions émanaient du monde de la philanthropie.  

Avant votre poste actuel, vous avez toujours travaillé dans des instances publiques. Qu’est-ce qui vous a conduit chez UBS?

J’ai passé dix-huit ans à la Banque mondiale et j’y ai acquis la conviction que les problèmes de ce monde ne pourront pas être résolus uniquement par les efforts des organismes publics. Les défis en matière d’environnement comme de développement ont besoin de l’engagement du secteur privé pour être relevés. Même l’ONU est aujourd’hui de cet avis. En tant que plus grande banque de gestion de fortune au monde, UBS se profile comme un acteur disposant du poids nécessaire pour faire évoluer les choses. 

Quels rendements peut-on espérer avec des produits d’investissement durable?

Par le passé, gagner de l’argent et faire le bien étaient souvent considérés comme incompatibles. Dans les mentalités demeure l’idée que l’engagement en faveur de la société doit se faire à perte. Or, c’est faux. Nos solutions «Impact Investing» offrent à la fois du rendement et une dimension sociale ou environnementale. Une part grandissante de la clientèle est intéressée aujourd’hui – à rendement égal – à investir dans des produits éthiques. En Suisse, nous proposons différents types de mandats de gestion discrétionnaire dont l’un est défini comme «durable». Ce dernier représente environ 20% des nouveaux mandats.

A quelle clientèle s’adresse l’offre de produits «Impact investing»?

Cette offre s’adresse dans un premier temps aux Ultra High Net Worth, soit aux très grandes fortunes. Mais, à plus long terme, lorsqu’il aura été démontré que les performances sont en ligne avec le marché, cette offre va se populariser. Quant aux fonds orientés vers le développement durable, type «green bonds» de la Banque mondiale, ils ciblent aussi des investisseurs individuels, en plus des grandes institutions et des fonds de pension.  

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

Du même auteur:

CFF: Comment éviter le scénario catastrophe
L’omerta sur le harcèlement sexuel existe aussi en suisse

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."