Bilan

UBS, une cible de choix pour Donald Trump

La banque suisse est régulièrement utilisée par le candidat républicain à la Maison-Blanche et par son entourage pour attaquer Hillary Clinton.

UBS a prêté des dizaines de millions de dollars à Donald Trump. 

Crédits: AFP

Les temps changent rapidement pour Donald Trump. Après avoir fait fureur lors des primaires républicaines en insultant les Mexicains, les femmes qui ont leurs règles, un journaliste souffrant d’un handicap, les musulmans, Barack Obama et Jeb Bush, le candidat républicain a récemment dû changer de cap pour tenter de stopper sa chute dans les sondages. Le Donald Trump new look lit - le plus souvent possible - les textes de ses discours au lieu d’improviser et se concentre sur de nouvelles cibles. Parmi elles, on retrouve UBS en première ligne.

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La banque helvétique est depuis longtemps utilisée par Rudy Giuliani pour critiquer le couple Clinton. L’ancien maire de New York mentionne, pour attaquer Hillary Clinton, les centaines de milliers de dollars versés par UBS à la Fondation Clinton. “J’étais un procureur”, avait-il affirmé en avril dernier avant de souligner que, s’il l’était toujours, il s’occuperait de “très près” de cette affaire.

L’entourage de Donald Trump s’appuie sur une enquête réalisée l’année dernière par le Wall Street Journal. Le quotidien avait révélé que UBS a multiplié par 10 ses dons à la Fondation Clinton entre 2008 et fin 2014. La banque helvétique a aussi participé à un programme de la fondation pour développer l’entrepreneuriat dans les quartiers défavorisés et avait prêté 32 millions de dollars. Elle a aussi payé l’ancien président Bill Clinton 1,69 million de dollars entre 2011 et février 2015 pour participer à une série de conférences avec George W. Bush et pour prononcer des discours.

Hillary Clinton impliquée? 

Le Wall Street Journal a écrit que cet engagement accru de l’UBS avait coïncidé avec l’arrivée d’Hillary Clinton à la tête du Département d’Etat et avec son implication dans les négociations avec la Suisse sur l’affaire UBS. La banque suisse avait finalement accepté de donner aux autorités américaines des informations sur 4450 comptes détenus par des ressortissants américains suspectés de contourner le fisc. Le Wall Street Journal a toutefois conclu qu’il n’y avait aucune “preuve” sur un lien entre l’implication d’Hillary Clinton dans l’affaire UBS et les dons de la banque à la fondation Clinton.

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Cela n’effraie guère Rudy Giuliani qui a continué d'utiliser les dons de la banque suisse les 9 et 21 août pour critiquer Hillary Clinton. Récemment, Donald Trump a lui aussi commencé à cibler UBS. Le 23 août au Texas, le candidat républicain à la Maison-Blanche a repris l’article du Wall Street Journal de 2015 pour attaquer Hillary Clinton. Il a assuré qu’elle avait négocié en 2009 “un très bon deal pour UBS” et un “très mauvais deal pour les autorités” américaines en obtenant “seulement” 4450 noms sur les 52 000 que Washington voulait à l’origine. Après avoir énuméré les dons de UBS à la Fondation Clinton et l’engagement de Bill Clinton pour des discours rémunérés, Donald Trump avait conclu: “C’est de la corruption, pure et simple.”

Proche de Wall Street

Le candidat républicain a répété ses accusations le 25 août dans le New Hampshire et le 30 août dans l’Etat du Washington pour reprendre le portrait d’une Hillary Clinton proche de Wall Street dépeint par Bernie Sanders lors des primaires démocrates. Le Sénateur du Vermont n’avait cessé de mentionner les discours d’Hillary Clinton financés par les grandes banques après son départ du Département d’Etat. Cette dernière avait notamment prononcé un discours chez UBS en juillet 2013 facturé à 225 000 dollars.

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La campagne de Donald Trump utilise généralement les e-mails d’Hillary Clinton obtenus par des groupes conservateurs comme Citizens United et Judicial Watch. A la fin août, la chaîne ABC avait publié un échange d’e-mails entre Doug Band, l’ancien conseiller de Bill Clinton, et Huma Abedin, la proche collaboratrice d’Hillary Clinton, datant de décembre 2011. Dans ces courriels, Doug Band demandait au Département d’Etat d’inviter, à un déjeuner en l’honneur du président chinois Hu Jintao, trois cadres de groupes qui ont donné des millions de dollars à la fondation Clinton. Parmi eux, on retrouvait Bob McCann, le patron de la gestion de fortune chez UBS aux Etats-Unis à l’époque. Selon ABC News, Bob McCann n’aurait pas assisté au déjeuner.

Donald Trump utilise ses critiques contre UBS, une banque qui lui a prêté des dizaines de millions de dollars, pour se présenter comme le champion des sans-voix, des défavorisés et même des Afro-Américains et des minorités, comme il l’a fait le 25 août dans le New Hampshire.

UBS a néanmoins conclu dans un rapport publié à la fin août que 5 secteurs bénéficieraient d’une élection de Donald Trump à la Maison-Blanche, en raison de la volonté affichée par le milliardaire de baisser les impôts, d’assouplir les règlementations et d’accroître les défenses militaires: le commerce de détail, la restauration, l’énergie, la défense et les banques.

Jean-Cosme Delaloye

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