Bilan

UBS Suisse réclame à son tour un plafond à la réglementation

Après l'appel de Sergio Ermotti, les responsables d'UBS Suisse s'inquiètent à leur tour pour la compétitivité domestique.

"La Suisse a perdu du terrain en comparaison internationale", a soutenu mercredi à Zurich Lukas Gähwiler, directeur général d'UBS Suisse.

Crédits: Keystone

Après l'appel de Sergio Ermotti, les responsables d'UBS Suisse s'inquiètent à leur tour pour la compétitivité domestique. Ils invoquent la situation en matière de taux d'intérêt et de taux de change ainsi que les perspectives difficiles pour les petites et moyennes entreprises pour réclamer eux aussi un plafond à la réglementation.

"La Suisse a perdu du terrain en comparaison internationale", a soutenu mercredi à Zurich Lukas Gähwiler, directeur général d'UBS Suisse. Dans le dernier rapport sur la compétitivité du WEF, la bureaucratie inefficiente est citée comme problème majeur par les entrepreneurs en Suisse, derrière la pénurie de main-d'oeuvre et les règles restrictives du marché de l'emploi.

Dans le secteur financier, la réglementation a crû comme dans aucune autre branche. "Nous en connaissons les raisons", poursuit M. Gähwiler. "La finance a commis des erreurs par le passé. Beaucoup de banques n'étaient pas suffisamment capitalisées avant la crise, beaucoup ont perdu de vue leur coeur de métier. Mais la mutation du secteur est incontestable, qui a aussi généré de nouvelles règles."

Pour le banquier, réglementer est nécessaire, mais avec modération. Les exigences de fonds propres de Bâle I, en 1988, tenaient dans 30 pages. Aujourd'hui, celles de Bâle III occupent plus de 600 pages. De manière générale, les textes sont non seulement toujours plus denses, mais aussi de plus en plus complexes.

COÛTS EXORBITANTS

Les coûts générés sont également exorbitants. Au cours des deux derniers exercices, UBS a investi plus d'un milliard de francs pour se mettre en conformité avec les nouvelles exigences partout dans le monde. En 2015, ce seront à nouveau des charges à hauteur de plusieurs millions, précise le directeur pour la Suisse.

Les nouvelles consignes sont souvent contreproductives. "La loi sur les services financiers (LSFin) vise une meilleure protection des clients de placements, avec notamment la retranscription des entretiens de conseil par la banque", explique M. Gähwiler. "Or, l'expérience en Grande-Bretagne et en Allemagne montre que le coût du procès-verbal rend le conseil trop cher pour le petit client".

Face à "la marée réglementaire", UBS Suisse soutient l'idée du laboratoire de réflexion libérale Avenir Suisse d'introduire dans la constitution un "frein à la réglementation". Comme celui à l'endettement, il s'agit de définir un maximum de réglementations supplémentaires et une valeur limite pour la charge administrative des entreprises.

Autre alternative saluée par l'établissement aux trois clés: un contrôle de qualité par des experts externes pour évaluer l'impact des nouveaux textes sur les PME. Une analyse coûts-bénéfices standardisée et simple, à un stade précoce, au lieu des coûteuses méthodes actuelles.

VAGUE DE LICENCIEMENTS

Avec l'abandon par la Banque nationale suisse du taux plancher, l'économie helvétique a subi un choc, insiste Daniel Kalt, économiste en chef d'UBS Suisse. "Nous devons renforcer d'urgence les domaines de compétitivité de notre pays sur lesquels nous pouvons influer directement, comme l'environnement réglementaire".

M. Kalt s'attend à ce que la pression, y compris du côté du dollar, augmente d'ici à la fin de l'année. Il craint, dès l'automne, une vague de licenciements en Suisse dans les branches dépendantes des exportations, comme l'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (MEM). A long terme, il estime les dommages collatéraux des taux négatifs plus nuisibles que ceux du franc fort.

Des mesures sur l'emploi et des délocalisations sont déjà visibles, même si pour l'heure, leur ampleur n'est "pas dramatique", reconnaît Daniel Kalt. Pour mémoire, UBS prévoit cette année un net ralentissement en Suisse de la croissance économique réelle, soit à 0,5%, échappant ainsi de peu à une récession.

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