Bilan

UBS relève ses provisions pour l'affaire des subprimes

La hausse des provisions d'UBS pour l'affaire des subprimes a entraîné une révision à la baisse des résultats 2016 de la banque. Le CEO Sergio Ermotti a vu son salaire raboté l'année dernière.

L'affaire des subprimes constitue l'un des plus importants litiges pour la banque, avec celui encore en cours en France.

Crédits: Keystone

Le groupe UBS a relevé ses provisions pour litiges en raison de l'affaire des titres adossés à des créances hypothécaires résidentielles (RMBS) aux Etats-Unis. Cette hausse a entraîné une révision à la baisse des résultats 2016 de la banque aux trois clés, selon le rapport annuel publié vendredi. Le directeur général (CEO) Sergio Ermotti a vu son salaire raboté l'année dernière. Les bonus des employés ont plongé.

A fin décembre, les réserves pour l'affaire des RMBS - l'un des instruments financiers ayant déclenché la crise financière de 2008 - atteignaient 1500 mio USD, enflées de quelque 280 mio USD par rapport au bouclement de 2015. Les provisions globales pour litiges ont atteint fin 2016 une somme de 3261 mio CHF.

Cette hausse intervient après l'accord trouvé en février 2016 avec l'agence gouvernementale National Credit Union Association, suite à une plainte déposée à New York. La banque de la Paradeplatz s'est engagée à payer au total 69,8 mio USD.

Cette affaire constitue l'un des plus importants litiges pour la banque, avec celui encore en cours en France. L'établissement a été mis en examen en 2013 pour complicité de démarchage illicite de clients dans l'Hexagone et en tant que témoin assisté pour blanchiment de fraude fiscale. En septembre 2014, UBS a payé une caution de 1,1 mrd EUR. Des rumeurs récentes ont fait état d'un arrangement devisé à 300 mio EUR.

Cette hausse des provisions entraîne un ajustement à la baisse du résultat annoncé à fin janvier. L'année dernière, UBS a dégagé un bénéfice net délesté de 102 mio CHF, à 3204 mio CHF. Le résultat avant impôts s'est inscrit à 4090 mio CHF, inférieur aux 4192 mio annoncés précédemment.

Direction étoffée

Le rapport annuel dévoile également le détail des rémunérations de la direction et du conseil d'administration.

Le directeur général (CEO) d'UBS a gagné 13,7 mio CHF en 2016, moins que les 14,3 mio CHF encaissés il y a deux ans (-4,2%). La rémunération fixe du patron de la grande banque est resté plus ou moins stable, à 2,8 mio CHF, tandis que la part variable s'est inscrite à 10,9 mio CHF, soit un recul de 5,2%,

En revanche, le montant attribué au comité de direction dans son ensemble a été renforcé à 97,9 mio CHF, ce qui représente une progression de 4,8% par rapport aux 93,4 mio de 2015. Cette hausse s'explique par l'élargissement du comité exécutif à 12 membres, contre 10 précédemment.

La hausse se situe tout particulièrement dans la part fixe du salaire, qui a atteint 26,0 mio CHF contre 22,2 mio précédemment. La part variable, de 71,9 mio CHF, enregistre une très légère progression.

Le président du conseil d'administration, Axel Weber, a reçu une compensation de 6,1 mio CHF, contre 6,0 mio l'année précédente. La banque a attribué à l'ensemble des membres de l'organe de surveillance un montant de 13,2 mio CHF, soit 3,5% de plus que lors de l'exercice précédent.

Pour leur part, les employés d'UBS devront se contenter de bonus revus drastiquement à la baisse. Le montant global des rémunérations liées à la performance a été amputé de 17% à 2,92 mrd CHF. Maigre consolation, le nombre de personnes à se partager le pactole a été réduit de quelque 1300 personnes, à 47'603 employés.

A la Bourse, la nominative UBS s'enrobait de 0,4% à 16,19 CHF à 09h40, alors que l'indice de référence de la place zurichoise (SMI) était proche de l'équilibre.

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