Bilan

UBS impliqué dans le scandale 1MDB

Selon la "Neue Zürcher Zeitung" (NZZ), plusieurs milliards de fonds suspects auraient transité par des comptes d'UBS.

Le compte de la société-écran du nom de Aabar Investments auprès de la filiale singapourienne d'UBS aurait vu transiter jusqu'à 2 milliards de dollars.

Crédits: Keystone

La banque UBS pourrait être impliquée dans le scandale du fonds souverain malaisien 1MDB. Selon un article de la "Neue Zürcher Zeitung" (NZZ) paru lundi soir, plusieurs milliards de capitaux suspects auraient transité par des comptes du numéro un bancaire helvétique.

Sollicitée mardi, UBS a fait savoir dans une prise de position écrite que le secret bancaire lui interdisait de commenter "si certaines entités ou individus ont été clients de la banque ou ont effectué des transactions avec elle".

Le quotidien zurichois se base sur des documents publiés par le blog malaisien "Sarawak Report", qui font état de mouvements suspects de 1MDB vers une société-écran du nom de Aabar Investments PJS Limited, basée aux îles Vierges britanniques. Le compte de cette dernière auprès de la filiale singapourienne d'UBS aurait vu transiter jusqu'à 2 mrd USD.

Il semble que les montants proviennent du fonds 1MDB (1Malaysia Development Berhad), qui avait levé quelques mois auparavant des emprunts à hauteur de 3 mrd USD. Les bénéficiaires d'Aabar Investments seraient des amis et des proches du premier ministre malaisien Najib Razak, écrit la NZZ.

Sur les documents dévoilés par le site "Sarawak Report" figurent plusieurs versements effectués entre octobre et novembre 2014 par BSI pour le compte de 1MDB ayant pour bénéficiaire Aabar auprès d'UBS Singapour. Quatre de ces transactions affichent des montants entre 222 mio et 356 mio USD.

La société d'investissement Aabar Investments PJS est actuellement détenue à plus de 98% par un autre fonds souverain, International Petroleum Investment Company (IPIC), basé à Abu Dhabi et spécialisé dans le secteur de l'énergie.

IPIC a fait l'acquisition en 2009 de la banque privée zurichoise AIG, rebaptisée depuis Falcon Private Bank, également dans le viseur de la Finma dans le cadre du scandale 1MDB.

Or c'est depuis cette dernière que 175 mio USD ont été transférés en mai 2014 par une filiale offshore du fonds malaisien (1MDB Energy Holdings, basé à Labuan) sur un compte BSI à Singapour, dont le bénéficiaire n'est autre que la société Aabar.

"No comment" de la Finma

Interrogée par AWP, l'Autorité fédérale de surveillance des marchés (Finma) s'est retranchée derrière un "no comment", se contentant de rappeler que dans l'affaire 1MDB, elle avait lancé des procédures d'enquête approfondie (enforcement) à l'encontre de plusieurs instituts.

Le gendarme des marchés n'a pas souhaité s'exprimer sur l'identité des banques concernées ou sur les enquêtes en cours. Cinq procédures d'enforcement ont été ouvertes dans le cadre de l'affaire du fonds malaisien, dont une seule - celle mettant en cause BSI - a abouti jusqu'ici.

En mai, l'affaire 1MDB avait amené la Finma à prononcer la dissolution de la banque tessinoise BSI, actuellement en train d'être avalée par son homologue zurichoise EFG International. L'autorité de tutelle des banques suisses avait par ailleurs prononcé une sanction financière de 95 mio CHF, calculée sur la base du bénéfice indûment réalisé par BSI entre 2011 et 2015.

Un porte-parole de la Finma a indiqué que cette dernière communiquerait sur les quatre procédures restantes "de manière appropriée après leur conclusion".

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