Bilan

UBS fait l'impasse sur les réductions de postes

UBS, qui a dévoilé une rentabilité en forte baisse au premier trimestre, a provoqué l'étonnement mardi en n'annonçant pas des réductions de coûts supplémentaires d'envergure.

UBS n'entend pas procéder à de nouvelles coupes drastiques, susceptibles de constituer un handicap lorsque la situation économique connaîtra une embellie.

Crédits: AFP

UBS, qui a dévoilé une rentabilité en forte baisse au premier trimestre, a provoqué l'étonnement mardi en n'annonçant pas des réductions de coûts supplémentaires d'envergure. Alors que les médias anticipaient des coupes dans les effectifs, les marchés réagissaient négativement aux maigres mesures destinées à redresser la barre.

Le directeur général (CEO) Sergio Ermotti a tenté de rassurer sur la capacité du groupe à s'adapter à une situation rendue difficile par des marchés capricieux. La banque prévoit ainsi une réorganisation dans le segment de la gestion de fortune dès juillet, a affirmé le patron tessinois en conférence de presse téléphonique.

L'établissement n'entend toutefois pas procéder à de nouvelles coupes drastiques, susceptibles de constituer un handicap lorsque la situation économique connaîtra une embellie.

Dans un mémo interne obtenu par AWP, le responsable de la gestion de fortune explique la réorganisation prévue par une volonté de maîtriser les dépenses. "Nous nous trouvons en phase de transition et devons assurer notre capacité à procéder à de futurs investissements", a indiqué Jürg Zeltner. Cela doit conduire dans certains cas à des réductions de personnel, principalement dans les effectifs qui ne sont pas en contact avec la clientèle. L'établissement compte ainsi abaisser sa base de coûts de centaines de millions de francs par année.

La veille, des médias suisses avaient évoqué jusqu'à 400 suppressions de postes en Suisse.

La banque aux trois clés espère atteindre ses objectifs de résultats en se serrant la ceinture. Les économies doivent atteindre 2,1 mrd fin 2017, après avoir cumulé à 1,2 mrd fin mars.

Dans l'immédiat, UBS a vu sa rentabilité fondre au premier trimestre 2016, le résultat net plongeant de 64,2% à 707 mio CHF. Le profit avant impôts a fortement baissé à 978 mio CHF, alors qu'il avait atteint 2,71 mrd au premier trimestre 2015. Le produit d'exploitation s'est aussi contracté, de 22,7% à 6,8 mrd.

Le groupe a manqué les attentes des analystes, qui misaient sur un résultat net de 815 mio CHF, un bénéfice avant impôts de 1,13 mrd et des recettes 7,1 mrd.

En début d'année dernière, la banque avait profité d'un environnement de marché plus favorable qui avait soutenu l'ensemble de ses divisions. UBS avait également bénéficié d'une baisse des provisions pour litiges et d'une réduction des coûts. Le premier trimestre 2016 a quant à lui été marqué par de fortes turbulences sur les marchés financiers qui ont pesé sur l'activité de négoce.

Afflux soutenus d'argent nouveau

Malgré les remous sur les Bourses mondiales, l'établissement de la Paradeplatz a profité d'afflux d'argent nouveau, soulignant la confiance des clients dans la banque suisse. La gestion de fortune a ainsi engrangé des liquidités de 15,5 mrd CHF, après un reflux de 3,4 mrd fin 2015. Le bénéfice avant impôts de l'unité a par contre fondu de 41,4% sur un an à 557 mio.

Ces afflux ont été particulièrement importants dans la région Asie-Pacifique, tandis que les marchés émergents se sont repris de la forte chute du dernier trimestre 2015. La banque a aussi réussi à attirer davantage de clients ultra-riches qui ont déposé 13,3 mrd dans les caisses de l'établissement.

La division gestion de fortune Amériques a par contre vu ses afflux diminuer à 13,6 mrd USD pendant la période sous revue, après 16,8 mrd fin 2015. Le résultat avant impôts a reculé de 21,3% à 211 mio CHF.

La banque d'affaires a quant à elle vu son résultat avant impôts s'effondrer de 67% à 253 mio.

"Les défis macroéconomiques et les risques géopolitiques sous-jacents que nous avons déjà mis en évidence par le passé continuent à contribuer à l'aversion au risque des clients et il est vraisemblable qu'ils persisteront encore dans un avenir proche", a indiqué UBS en guise de perspective pour les mois à venir.

La banque bénéficie toujours de fonds propres durs (CET 1) solides de 14%, en légère baisse de 0,5 point sur un trimestre toutefois. Les actifs pondérés des risques (RWA) ont quant à eux augmenté de 6 mrd à 214 mrd CHF.

Le groupe, qui est confronté à de nombreux litiges, a réussi à abaisser ses provision pour les affaires en cours de 107 mio à 2,876 mrd CHF. La banque d'affaires concentre le gros des provisions avec 557 mio, suivi de la gestion de fortune Amériques (427 mio) et la gestion de fortune (242 mio).

Les investisseurs réagissaient négativement à ces annonces, le titre chutant de 8,4% à 15,14 CHF, dans un SMI en recul de 1,88% à 12h54.

"A moins que l'environnement des recettes ne s'améliore nettement, UBS devra travailler davantage pour améliorer ses coûts", ont estimé les analystes de Vontobel.

Le fait qu'UBS n'ait pas annoncé de nouvelles mesures de réduction des coûts "décevra le marché", a estimé la ZKB. Cette dernière a cependant applaudi les "très bonnes" entrées nettes d'argent nouveau, après deux trimestres décevants.

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