Bilan

UBS déplore l'introduction par la BNS de taux négatifs

Les taux négatifs seront aussi nuisibles à l'économie suisse que l'abolition du taux plancher, estime la banque. Les fonds de pension pourraient être particulièrement affectés.

Si elle même s'estime relativement bien couverte contre les taux négatifs, UBS met aussi en exergue les dangers qu'engendrent les taux négatifs pour le secteur bancaire dans son ensemble.

Crédits: Keystone

L'introduction des taux négatifs par la Banque nationale suisse (BNS) à la mi-janvier engendrera des conséquences négatives pour l'économie nationale aussi importantes que la levée du cours plancher EUR/CHF, a prévenu vendredi UBS à l'occasion d'une présentation de son étude sur le sujet. Les lacunes de couverture des fonds de pension s'en trouveront par ailleurs encore renforcées, a expliqué à Zurich Daniel Kalt, économe responsable de la grande banque pour la Suisse.

"S'ils ont certes permis de modérer l'envolée du franc, les inconvénients des taux négatifs pour l'économie du pays à long terme risquent d'être plus importants que les avantages", a pour sa part insisté Lukas Gähwyler, directeur général (CEO) de l'établissement pour la Suisse.

"La BNS ne peut pas remonter unilatéralement ses taux, car elle rendrait alors le franc plus attractif encore qu'actuellement", a reconnu le responsable.

SPIRALE NÉGATIVE

Sur le front de l'emploi, la baisse des coûts du capital engendre une série de mesures d'optimisation, comprenant notamment le remplacement du facteur humain par des machines, dont le financement est devenu moins onéreux. Dans le même temps, le renchérissement du franc a rendu le recrutement de mains d'oeuvre en Suisse moins attractif en comparaison internationale, venant encore accentuer les désavantages dénoncés par les entreprises exportatrices face à la concurrence internationale.

La courbe du chômage risque en conséquence de venir frôler les 4% l'an prochain, selon le scénario privilégié par la banque. Il pourrait même dépasser les 5% à l'horizon 2017 avant de se replier quelque peu, dans le pire des cas envisagés. "Il s'agit ici de scénarios, pas de prévisions", a tenu à souligner M. Kalt, évoquant les trop grandes incertitudes pesant sur la conjoncture mondiale pour élaborer des schémas prédictifs fiables.

Les fonds de pension, qui peinent déjà à couvrir les besoins à venir en termes de rentes, seront par ailleurs particulièrement affectés en cas de stagnation des taux d'intérêts à leur niveau actuel.

Avec un taux réel de 3%, l'AVS devrait ainsi disposer de 580 mrd CHF pour assurer le versement des avoirs vieillesse de la population. Ce montant grimperait à 1414 mrd CHF pour un taux de 1,5%. A titre de comparaison, l'assurance vieillesse dispose pour l'heure de 40 mrd CHF, relève la banque, qui appelle à une révision en profondeur de l'institution, assortie d'un changement drastique de paradigme en termes d'immigration.

BANQUES PRIVÉES EN PREMIÈRE LIGNE

Si elle même s'estime relativement bien couverte contre les taux négatifs, du fait de sa large palette d'activités, UBS met aussi en exergue les dangers qu'engendrent les taux négatifs pour le secteur bancaire dans son ensemble. La part moyenne des produits des activités sur les taux d'intérêts représente près de 40% des revenus des banques en Suisse et grimpe même à quelque 80% dans le cas de Raiffeisen, selon l'étude.

Les établissements les plus atteints sont ceux présentant de haut niveaux de dépôts et peu actifs sur le front des investissements, à l'image des banques privées et des gestionnaires de fortune.

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