Bilan

Uber, une énigme boursière

Les spéculations vont bon train sur une potentielle entrée en bourse d'Uber. La société de voiturage n'est pas la seule startup XXL à faire frémir Wall Street.

Uber pourrait entrer en bourse en 2015.

Crédits: DR

Entrera ou n’entrera pas? A l’heure où l'étau se resserre sur Uber à Genève, l’annonce du départ de Brent Callinicos, le CFO de la populaire société de taxis américaine, a ravivé les spéculations sur une possible entrée en bourse.

Une IPO d’Uber serait sans aucun doute l’événement de l’année à Wall Street. L’application et son réseau de taxis pèse aujourd’hui 41,2 milliards de dollars. Certains analystes estiment qu’elle pourrait valoir jusqu’à 100 milliards de dollars en cas d’IPO et dépasserait très probablement les récentes méga entrées en bourse de compagnies high tech comme Facebook en 2012 et Alibaba en 2014.

Depuis son arrivée en provenance de Google en 2013, Callinicos avait permis à la société de San Francisco de lever 5 milliards de dollars. Et ses déclarations le mois dernier sur son intention de permettre à “quelqu’un d’autre de faire franchir un nouveau palier à cette société incroyable” ont aiguisé l’appétit des investisseurs. Travis Kalanick, le patron d’Uber, ne dévoile pourtant pas ses cartes et son attitude laisse supposer qu’il pourrait tenter de retarder l’entrée en bourse de sa société.

Uber a du capital et peut se permettre de rester privée pour l’instant. Comme le montre l’exemple genevois, la société a aussi de nombreux adversaires. La perspective de batailles avec les autorités sur plusieurs marchés rajoute un facteur d’instabilité qui pourrait nuire au cours de l’action de la compagnie de San Francisco.

Uber peut aussi s’appuyer sur un récent changement de loi aux Etats-Unis pour contourner Wall Street pour l’instant. Jusqu’à 2012, les sociétés comptant plus de 500 actionnaires devaient entrer en bourse. Ce chiffre a été revu à la hausse et le plafond avant une IPO obligatoire a été fixé à 2000 actionnaires.

 

Autres IPO potentielles

La société de voiturage de San Francisco n’est pas la seule start-up XXL à faire frémir Wall Street. Airbnb, l’application de location de logements qui bouscule l’industrie hôtelière, pèse quelque 13 milliards de dollars. A l’image d’Uber, elle doit néanmoins faire face à de nombreuses frondes administratives, notamment à New York où les autorités la scrutent de près.

Box, la société de stockage et de partage de données sur le cloud, a ouvert la voie des IPOs hi-tech en 2015 après avoir retardé la sienne en 2014. A l’époque, ses pertes avaient refroidi le marché et la start-up de la Silicon Valley avait préféré repousser son arrivée à Wall Street.

Dropbox, une start-up évaluée à 10 milliards de dollars, fait partie des IPOs potentielles en 2015  tout comme MapR, une société de gestions de données open source, qui vise une entrée en bourse à la fin de l’année comme l’a révélé son patron au magazine Fortune.

Cloudera, un concurrent de MapR qui a levé 1,2 milliards de dollars et pèse 4,2 milliards de dollars, pourrait bientôt faire de même. Quant à Spotify, le service suédois de distribution de musique en ligne, est proche de conclure un nouveau round de levée de fonds de 400 millions de dollars. Cet afflux de capital pourrait faire passer la valeur de Spotify à 8,4 milliards de dollars. Il pourrait retarder une potentielle entrée en bourse, où Pandora, le concurrent de Spotify qui a fait son IPO en 2011, souffre toujours de l’incertitude concernant les droits d’auteur à verser aux artistes aux Etats-Unis. Le cours de l’action de Pandora a perdu plus de 30% ces derniers mois avant de reprendre quelques couleurs cette semaine à l’annonce de l’augmentation de la valeur de Spotify.

 

 

 

Jean-Cosme Delaloye

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