Bilan

Test de performance pour les bourses

Après une année d’investissement plutôt faible en 2018, les bourses mondiales se sont reprises. Reste que l’évolution des cours est toujours marquée par les craintes de récession.

Le démarrage de la nouvelle année boursière a clairement réussi aux marchés financiers. Les actifs se sont repris, soutenus par les signaux favorables envoyés par la politique monétaire et une certaine confiance retrouvée face à la guerre commerciale Chine - Etats-Unis. C’est ce que souligne une compilation faite par la Banque Morgan Stanley: alors que l’an dernier aucune classe d’actifs importante n’a réussi à obtenir un rendement positif corrigé de l’inflation, en 2019 elles sont pour l’instant toutes dans le vert.

Avec une augmentation de cours de 11,5% fin février, l’indice de référence américain S & P 500 a notamment signé son meilleur démarrage depuis 1991. Mais les marchés d’actions ne sont pas seuls à se montrer en bonne santé, les marchés d’obligations font de même: les emprunts d’Etat américains à haut rendement ont grimpé de près de 6% et enregistré ainsi le meilleur début d’année depuis 2001.

L’Europe regagne du terrain

Vu les fortes fluctuations de ces derniers mois, il est difficile de s’assurer une vue d’ensemble. Quelles actions se sont bien battues par rapport à l’ensemble du marché? Lesquelles plutôt mal? Les graphiques de cours de Morgan Stanley permettent un classement: ils répliquent le rendement relatif sur les douze mois précédents. Il n’y est pas seulement tenu compte des simples évolutions de cours, les dividendes sont également intégrés (total return).

Si l’on répartit le marché d’actions par région, on remarque que l’Europe s’est comparativement bien battue ces derniers mois. Au printemps 2018 encore, les valeurs européennes affichaient un rendement sur douze mois qui, un certain temps, avait été près de 15% inférieur à l’indice mondial (MSCI All Country World). Mais depuis lors, elles ont su muer leur sous-performance relative en surperformance.

En parallèle, les pays émergents ont nettement perdu du terrain. Le fait que les marchés émergents ont déçu, surtout jusqu’à l’automne 2018, peut sans doute être attribué à divers facteurs: d’un côté,
la conjoncture favorable aux Etats-Unis a attisé les craintes que la Banque fédérale américaine n’entreprenne des hausses de taux et qu’un dollar fort n’engendre des fuites de capitaux; de l’autre, les pays émergents ont semblé souffrir très fortement de la dispute commerciale.

Les indices d’un resserrement plus circonspect de la politique monétaire américaine ont permis, entre-temps, un léger rattrapage. Mais depuis l’année nouvelle, les pays émergents ont à nouveau perdu du terrain face à l’indice mondial.

Les actions de substance se reprennent

La performance peut également être répartie en fonction de la taille des entreprises. En Europe, les sociétés à capital limité (small caps) ont presque systématiquement perdu du terrain face à leurs homologues plus grandes. Après un bref feu de paille au début de l’année, la tendance se dessine de nouveau en faveur des large caps. Aux Etats-Unis, les choses se présentent différemment: certes, vers la fin de l’année 2018, les petites entreprises ont eu tendance à évoluer moins bien mais depuis lors, grâce à la forte reprise de janvier et février, elles ont réussi à combler ce manque de rendement.

La comparaison entre les titres de substance (value) et les actions d’entreprises à forte croissance offre une autre possibilité d’analyse: sont typiquement des valeurs de substance celles qui, mesurées aux chiffres de valorisation habituels tels que le PER (ratio cours sur bénéfice) et le P/B ratio (ratio cours/valeur comptable), apparaissent avantageuses.

Aux Etats-Unis, les actions de croissance ont longtemps caracolé en tête, notamment parce que les actions qui y sont surreprésentées, dans l’internet et le software, enregistraient de forts gains de cours. Mais depuis l’automne, les valeurs de substance ont pu réduire leur retard de manière plus ou moins continue. En Europe, en revanche, les titres value tendent de nouveau à perdre du terrain. Cela pourrait découler du fait que le tournant des taux se fait attendre en Europe, ce qui nuit en général aux entreprises financières fortement représentées dans les indices value.

Le poids des peurs d’une récession

Les tendances du marché peuvent également être identifiées à l’aide de paniers d’actions thématiques. Par exemple ceux, concentrés sur l’Europe, de la Société Générale soulignent que l’assombrissement conjoncturel fonctionne comme un facteur de cours important. Les titres de groupes résistant à la récession, au bilan solide et aux perspectives de gains faciles à apprécier – parmi lesquels Novartis, Heineken, Airbus, Geberit – ont gagné plus de 16% au cours des douze derniers mois. Généraliste, le Stoxx 600 est demeuré dans le même laps de temps pratiquement inchangé. 

* Finanz und Wirtschaft

Frank Heiniger*

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