Bilan

Succession à la tête de la BCE: Wolfgang Schaüble juge le débat prématuré

Le ministre des Finances allemand a coupé court aux rumeurs selon lesquelles Berlin souhaite voir un Allemand succéder à Mario Draghi à la tête de la BCE en 2019.

"Un débat sur un successeur au président de la BCE est pour le moment tout à fait inapproprié et je refuse d'y prendre part", a estimé M. Schäuble.

Crédits: AFP

Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble a coupé court lundi aux rumeurs affirmant que Berlin souhaitait voir un Allemand succéder à l'Italien Mario Draghi à la tête de la Banque centrale européenne (BCE) en 2019.

Interrogé lors d'une conférence de presse sur un éventuel soutien de l'Allemagne à la candidature du patron de la Bundesbank, Jens Weidmann, à la tête de la BCE, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a estimé que ce débat était prématuré.

"Un débat sur un successeur au président de la BCE est pour le moment tout à fait inapproprié et je refuse d'y prendre part", a répondu M. Schäuble lors d'une conférence de presse commune à Berlin avec le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, à l'issue de leur première rencontre officielle lundi matin.

M. Le Maire a précisé de son côté que la question du prochain patron de la BCE n'avait pas été abordée lors de leur entretien.

Selon plusieurs journaux allemands qui ne citent pas leurs sources, la chancelière Angela Merkel et son grand argentier veulent promouvoir la candidature de M. Weidmann, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, qui ne perd pas une occasion ces derniers temps de critiquer la politique ultra-accommodante mise en oeuvre par l'institution pour soutenir l'économie et les prix.

Selon l'hebdomadaire Der Spiegel, l'argument de Berlin serait : "après un Néerlandais (Wim Duisenberg, ndr), un Français (Jean-Claude Trichet, ndr) et un Italien, il est temps qu'un Allemand soit à la tête de la BCE".

En 2011, quand s'était posée la question de la succession de Jean-Claude Trichet, l'Allemand Axel Weber, alors président de la Bundesbank, avait longtemps fait figure de favori. Mais sa démission surprise en 2011, sur fond de divergences de vue quant à la politique monétaire, avait finalement ruiné les espoirs allemands de voir un enfant du pays accéder à la tête de l'institution.

Le quotidien allemand des affaires Handelsblatt affirme pour sa part que Paris souhaiterait pousser la candidature de François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France.

La BCE pratique depuis plus de deux ans une politique de soutien massif à l'économie, faite de taux d'intérêt historiquement bas et d'achats massifs de créances publiques.

Avec la reprise en cours de la conjoncture et de l'inflation en zone euro, une telle politique n'est plus justifiée aux yeux de l'Allemagne, pays vieillissant où beaucoup de citoyens misent sur l'épargne pour financer leur retraite.

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