Bilan

Richemont se défend d’avoir abusé des dérivés sur devises

L’important avertissement sur bénéfice du groupe de luxe genevois ne sanctionne pas l’utilisation de produits utilisant du levier dans les dérivés sur devises, mais résulterait de l’évolution du change franc/euro depuis le 15 janvier.

Le groupe Richemont a annoncé une baisse d’environ 36% du bénéfice net qui sera publié le 22 mai.

Crédits: Keystone

Grosse surprise le 22 avril sur les marchés et parmi les analystes spécialistes du luxe. Conformément aux directives de la Bourse suisse imposant de procéder à un avertissement sur résultat dès qu’une société cotée apprend que son bénéfice sera sensiblement en recul par rapport aux attentes, le groupe Richemont a annoncé une baisse d’environ 36% du bénéfice net qui sera publié le 22 mai avec l’ensemble des comptes de l’exercice 2014/2015 clos le 31 mars.

Soit, tout de même, un recul attendu de 745 millions d’euros – ou quelque 770 millions de francs au change actuel - puisque l’an dernier le groupe genevois, qui publie ses comptes en euros, avait affiché un bénéfice net de 2,07 milliards d’euros.

Le propriétaire, entre autres, des marques Cartier et Piaget a expliqué ce plongeon par « des dépréciations sur instruments financiers, incluant des éléments monétaires et des dérivés. » Tout en précisant que le chiffre d’affaires en monnaies courantes était attendu en hausse de quelque 5%, que le résultat opérationnel était également en progression et que la trésorerie nette de 5,4 milliards d’euros à la clôture des comptes ne serait pas affectée par ce que certains analystes ont qualifié de simple « mésaventure ».

Autre précision : les pertes subies n’étant pas déductibles fiscalement, le taux d’imposition de Richemont va « augmenter de manière significative. »

Liquidités gérées en euros 

Si la nouvelle a surpris, elle n’a étrangement guère perturbé les analystes financiers qui, pour nombre d’entre eux, ont renouvelé leur recommandation d’achat sur le titre. Et pour cause, ce couac financier tient essentiellement à la manière dont Richemont gère sa trésorerie. Si la variation de change entre franc suisse et euro a engendré des pertes, c’est que le groupe gérait en euros les liquidités de ses entités suisses. « Ces entités ont donc enregistré des pertes en franc à proportion de la variation de change. »

Le groupe dément avoir utilisé des instruments financiers misant avec levier sur les variations de change entre le franc et la monnaie unique européenne : « Richemont détient 5 milliards d’euros en espèces et fonds monétaires à court terme. Il ne spécule pas avec ces fonds pour augmenter ses profits. » Donc acte.

Le groupe Richemont précise qu’il protège aussi en euros ses ventes en dollar US, en dollar de Hong Kong et en yen. Il ne bénéficie donc pas, à court terme, de l’évaluation de ces devises face à l’euro.

Consolation : si le bénéfice net en euros sera significativement impacté par des couvertures de change qui n’ont pas permis de profiter de la baisse de l’euro, à terme cette baisse devrait toutefois stimuler les ventes dans les autres devises. En outre, les fonds propres exprimés en franc des entités suisses vont augmenter en euro.

 

 

 

 

 

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