Bilan

Retour aux fondamentaux pour les banques suisses

Selon une étude de EY, 86% des banques interrogées tablent sur une réduction importante du nombre d'établissements d'ici 2020. Le secteur devrait se concentrer sur son cœur de métier, après une longue phase de régularisation des avoirs non déclarés.

Les 120 banques participantes mettent la priorité sur trois tâches principales, à savoir les partenariats avec des sociétés n'appartenant pas au secteur, la recherche de nouveaux marchés et l'internationalisation ainsi que l'externalisation et la délocalisation, indique EY.

Crédits: Keystone

Les banques suisses vont pouvoir à nouveau se concentrer sur leur coeur de métier, après une longue phase de régularisation des avoirs non déclarés. La consolidation du secteur devrait s'accélérer ces deux prochaines années, selon le baromètre bancaire publié jeudi par Ernst & Young (EY). Le sondage révèle qu'un quart des établissements ayant répondu n'ont entrepris aucune démarche interne en vue de l'échange automatique de renseignements (EAR).

Selon l'étude du cabinet de conseil, 86% des banques interrogées tablent sur une réduction importante du nombre d'établissements d'ici 2020, contre 79% l'année dernière. Le réseau de filiales devrait également s'amenuiser, à en croire 85% (76%) des sondés. "Il faut s'attendre à ce qu'une douzaine de banques supplémentaires n'arrive pas à faire face aux évolutions structurelles", affirme Olaf Toepfer, associé et spécialiste des banques chez EY, cité dans le communiqué.

Les 120 banques participantes mettent la priorité sur trois tâches principales, à savoir les partenariats avec des sociétés n'appartenant pas au secteur, la recherche de nouveaux marchés et l'internationalisation ainsi que l'externalisation et la délocalisation, indique EY. Un tiers des banques a prévu une stratégie de digitalisation de ses activités. Toutefois, seuls 27% des sondés s'attendent à ce que les nouvelles technologies changent fondamentalement les activités financières.

L'inflation réglementaire et les coûts liés restent également au centre de l'attention et impliquent un effort continu d'efficience et d'augmentation des revenus. "Les fondamentaux, c'est-à-dire les besoins des clients, reviennent sur le devant de la scène", analyse Patrick Schwaller, associé-gérant auprès d'EY Suisse.

L'optimisme s'étiole

Au niveau opérationnel, l'optimisme est toujours de mise au sein du secteur bancaire, même si la tendance s'est quelque peu effritée depuis la dernière mouture du baromètre. La marche des affaires continuera à être positive ou plutôt positive pour 81% des établissements, contre 88% auparavant. En tout, 75% des banques s'attendent à améliorer leur résultat en 2016, soit 9 points de pourcentage (pp) de moins qu'en 2015.

En revanche, le nombre de sondés qui tablent sur un accroissement de la masse salariale s'est renforcé. Un tiers d'entre eux (24% en 2015) entend engager du personnel, soit la proportion la plus élevée depuis cinq ans, constate le cabinet de conseil. Ce dernier relativise toutefois: cette tendance ne devrait pas durer. Les programme d'efficience et l'automatisation des processus entraîneront des suppressions de poste à moyen terme.

Les décisions de la Banque nationale suisse (BNS) le 15 janvier dernier et plus particulièrement l'introduction des taux négatifs suscitent toujours le mécontentement. Les banques maintiennent toutefois la compétitivité au centre de leur dispositif: 70% d'entre elles ne prévoient pas répercuter les taux sur les clients privés.

Craintes autour des PME

La levée du taux plancher EUR/CHF et l'appréciation consécutive du franc inquiètent les participants au baromètre, car elle augmente les risques de crédits alloués aux PME exportatrices. Près de 45% des établissements prévoient des corrections de valeur et des provisions pour la clientèle entreprises. Dans leur ensemble, ils n'entendent cependant pas réduire les prêts accordés aux PME.

La collecte des données clients en vue de l'EAR commencera l'année prochaine et la transmission des informations entrera en force en 2018. Malgré cela, un quart des banques interrogées n'a lancé aucun projet pour anticiper cette nouvelle réglementation. Les établissements concernés se justifient en pointant du doigt les coûts liés et en soulignant les zones d'ombre liées au processus.

L'effort de transparence demandé au secteur bancaire ne semble pas trop effrayer les clients, à en croire le baromètre. Pour 66% (69% en 2015) des établissements, aucune sortie d'argent n'a été constatée. Auprès des banques privées, la proportion est plus basse, à 53%. "Beaucoup de banques arrivent à compenser les sorties par les afflux d'argent frais", relativise Marco Amato, associé EY et spécialiste des gestion de fortune et d'actifs.

Le panel des 120 participants comprend 76% d'établissements alémaniques, 20% d'établissements romands et le reste pour le Tessin. UBS et Credit Suisse en sont exclus. Les banques privées constituent 39% de l'ensemble, les régionales 29% et les cantonales 12%. Le baromètre repose sur un sondage téléphonique réalisé en novembre dernier.

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