Bilan

Rattrapées par la Chine, les bourses mondiales chutent

Les Bourses mondiales chutaient mardi, suivant une baisse générale des grandes places internationales après de mauvais chiffres en Chine.

Désormais, Wall Street baisse encore plus lourdement et "prend la suite des marchés mondiaux dans la foulée de chiffres moroses sur l'activité manufacturière en Chine, qui attisent les préoccupations pour la croissance mondiale", ont résumé les experts de la maison de courtage Charles Schwab.

Crédits: AFP

Les Bourses mondiales chutaient mardi, suivant une baisse générale des grandes places internationales après de mauvais chiffres en Chine, qui ont relancé les inquiétudes pour la seconde économie mondiale.


Wall Street chutait à l'ouverture

Le Dow Jones perdait plus de 2% mardi.

Vers 14H05 GMT, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average perdait 2,23%, soit 368,36 points, à 16.159,67 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, 1,79%, soit 85,49 points, à 4.691,01 points.

L'indice élargi S&P 500, très suivi par les investisseurs, reculait de 2,13%, soit 42,04 points, à 1.930,14 points.

Lundi, la Bourse de New York avait déjà baissé, les investisseurs prenant leurs précautions face à un contexte incertain, sur l'économie chinoise comme sur les intentions de la Réserve fédérale (Fed): l'indice vedette Dow Jones Industrial Average avait perdu 0,69% à 16.528,03 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, 1,07% à 4.776,51 points.

Désormais, Wall Street baisse encore plus lourdement et "prend la suite des marchés mondiaux dans la foulée de chiffres moroses sur l'activité manufacturière en Chine, qui attisent les préoccupations pour la croissance mondiale", ont résumé les experts de la maison de courtage Charles Schwab.

L'activité manufacturière en Chine --pilier traditionnel de sa croissance-- s'est violemment contractée en août, confirmant l'essoufflement persistant de la deuxième économie mondiale, après les Etats-Unis, en dépit des efforts de relance des autorités et attisant à nouveau la nervosité des marchés financiers

Dans le sillage de ces statistiques moroses, les Bourses asiatiques et européennes ont plongé de concert: Tokyo a clôturé en repli de presque 4%, tandis que Paris, Francfort et Londres ont toutes lâché plus de 3% en séance.

"Le chiffre médiocre en Chine, ainsi qu'un déclin de 14,7% en août des exportations sud-coréennes sur un an, ont considérablement abattu les marchés de la région Asie-Pacifique, et cela a donné le ton aux Bourses européennes", a précisé Patrick O'Hare, de Briefing.

Plus spécifiquement aux Etats-Unis, les indices ont accentué leur baisse après l'annonce d'un ralentissement inattendu de l'activité manufacturière en août ans le pays.

"A l'heure actuelle, les acteurs du marché n'ont tout simplement pas l'impression que l'activité économique mondiale est en train de reprendre", a estimé M. O'Hare. "Cela crée des doutes sur les perspectives des résultats d'entreprises, les valorisations, et le bien-fondé d'un relèvement des taux de la Réserve fédérale dans ce type de période."

Les investisseurs se demandent si la banque centrale américaine commencera à retirer un important soutien à l'économie en relevant ses taux, actuellement nuls, à l'occasion de sa réunion de politique monétaire des 16 et 17 septembre.

- Dollar Tree chute -

Dans le détail des valeurs, "il y a eu peu de nouvelles susceptibles de faire bouger le marché parmi les entreprises, du moins de façon positive", a noté M. O'Hare.

La chaîne de magasins à bas prix Dollar Tree chutait de 7,47% à 70,56 dollars, les investisseurs n'étant pas impressionnés par une hausse de près de 50% de son chiffre d'affaires au dernier trimestre, d'autant que le groupe a déçu par ses prévisions pour l'ensemble de l'année.

Une rechute des cours du pétrole, qui perdaient plus de deux dollars le baril à New York après s'être envolés lors des trois précédentes séances, plombait les groupes du secteur comme les géants Chevron et ExxonMobile, respectivement en baisse de 3,14% à 78,45 dollars et de 3,87% à 72,33 dollars.

Les investisseurs surveillaient aussi les chiffres sur les ventes automobiles aux Etats-Unis en hausse, et accueillaient bien ceux du constructeur Ford, qui gagnait 0,14% à 13,89 dollars. Ses concurrents General Motors et Fiat Chrysler Automobiles (FCA), en revanche, perdaient respectivement 1,97% à 28,86 dollars, et 3,04% à 13,70 dollars.

Le marché obligataire avançait légèrement, le rendement des bons du Trésor à dix ans baissant à 2,179% contre 2,214% lundi soir, et celui des bons à 30 ans à 2,946% contre 2,958% auparavant.


La Bourse de Londres perd plus de 3%

Vers 13H00 GMT, l'indice FTSE-100 des principales valeurs chutait de 197,58 points, soit 3,16%, à 6.050,39 points.

Les investisseurs vendaient en masse des actions à la Bourse de Londres, à l'instar des autres grandes places financières européennes.

Le mouvement était d'autant plus net sur la place londonienne que le marché y était resté fermé lundi, en raison d'un jour férié, alors que les Bourses de Paris et Francfort, ouvertes, avaient déjà perdu du terrain en ce premier jour de la semaine.

"Les craintes concernant la croissance chinoise ne sont pas nouvelles, mais elles continuent de peser sur le moral des investisseurs", a expliqué Craig Erlam, analyste chez Oanda.

"Les indices PMI (...) publiés la nuit dernière pour le mois d'août ont montré un ralentissement supplémentaire du secteur manufacturier, qui représente encore une source importante de croissance pour la Chine, et le secteur des services a ralenti lui aussi", a-t-il précisé.

Le recul était en conséquence général à la Bourse de Londres mais les craintes pesaient particulièrement sur les entreprises du secteur minier, la Chine étant la première importatrice mondiale de minerais. BHP Billiton plongeait ainsi de 6,27% à 1.061 pence, Anglo American de 6,56% à 692,40 pence, Rio Tinto de 4,92% à 2.270,50 pence et Glencore de 8,29% à 136 pence.

Les valeurs pétrolières cédaient aussi du terrain, bien qu'un peu plus modérément, à cause d'une rechute des cours du brut après le rebond enregistré la semaine dernière. BP perdait 2,88% à 350,10 pence, BG Group 1,96% à 975,10 pence et Royal Dutch Shell (action "A") 2,36% à 1.655 pence.

Le secteur financier reculait aussi franchement. Parmi les grandes banques, Standard Chartered, très active en Asie, lâchait 4,58% à 730 pence, RBS diminuait de 3,89% à 323,70 pence, HSBC de 3,76% à 499,20 pence et Barclays de 3,38% à 252,60 pence.

Les grandes entreprises pharmaceutiques perdaient aussi des plumes: Shire cédait 3,96% à 4.826 pence et GSK 3,21% à 1.297,50 pence. AstraZeneca limitait légèrement les dégâts et ne cédait "que" 2,33% à 4.024 pence, après avoir annoncé la vente de droits commerciaux d'un traitement contre une maladie de la peau au canadien Valeant pour plusieurs centaines de millions de dollars.


La Bourse de Paris essuie un fort recul de -2,28%

A 15H36 (13H36 GMT), l'indice CAC 40 perdait 103,86 points à 4.547,00 points, dans un volume d'échanges de 2,6 milliards d'euros. La veille, le marché Parisien a lâché 0,47%.

La volatilité dominait sur le marché, qui a perdu plus de 3% dans la matinée avant de limiter la casse, puis de perdre à nouveau beaucoup de terrain, à l'image de Wall Street.

Les investisseurs vont désormais regarder l'indice ISM manufacturier pour août aux Etats-Unis, attendu dans l'après-midi.

"Les récents chiffres, qu'il faudra toutefois mettre en lien avec les données des prochains mois, semblent confirmer l'idée d'une stagnation économique généralisée" à travers le monde, observe Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque?

Selon lui, "après les turbulences boursières chinoises du mois d'août, c'est un nouvel élément qui incite à la prudence les investisseurs, ce qui est bien reflété dans l'évolution du CAC 40".

Ces interrogations sur la croissance interviennent au moment où le marché est en plein doute concernant l'avenir de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed).

"La réunion de la Fed du 17 septembre prochain devrait permettre d'apaiser les esprits et de donner une direction claire au marché", estime M. Dembik.

Parmi les valeurs, Iliad (-2,71% à 195,85 euros) était pénalisé par un abaissement de recommandation à "conserver" contre "acheter" auparavant par Deutsche Bank.

Rubis restait bien orienté (+2,72% à 64,96euros) après un bénéfice en forte hausse au premier semestre.

Le secteur financier était à la peine à l'image de Société Générale (-3,72% à 41,84 euros), BNP Paribas (-3,00% à 54,58 euros) et Crédit Agricole (-2,61% à 11,77 euros).

Renault (-2,79% à 72,02 euros) et Peugeot (-2,63% à 15,00 euros) reculaient malgré un bond de 10% des ventes de voitures neuves en août en France, le premier ayant vu ses ventes croître timidement de 3,5% et le second de 15,2%.

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