Bilan

Quelle université garantit le plus haut salaire en fin d'études?

Quelles sont les universités européennes qui garantissent les plus hautes rémunérations à leurs anciens étudiants? Le classement établi par le cabinet Emolument.com place quatre établissements suisses (tous alémaniques) au top pour son classement européen.
  • L'Université de Saint-Gall sort en tête du classement des établissements assurant à leurs diplômés les plus hauts revenus.

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  • L'Université de Zurich se retrouve en 2e position dans le classement d'Emolument.com.

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  • La troisième place européenne pour les rémunérations post-diplôme des étudiants revient à l'ETH Zurich.

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Le diplôme constitue-t-il le sésame pour toucher une rémunération élevée? Peut-être pas à lui seul, mais l'université où il a été obtenu constitue un facteur déterminant, comme l'affirme le cabinet Emolument.com, qui a livré vendredi 19 juin son étude sur les établissements d'enseignement supérieur qui permettent de toucher les plus hauts revenus. Et dans ce classement intitulé Top 30 European universities with the highest paid graduates, ce sont quatre établissements suisses qui se retrouvent au sommet du palmarès continental.

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Une semaine après le classement de Shanghai 2016 qui indiquait une nouvelle progression de la part des universités helvétiques, cette étude focalisée sur le continent européen couronne quatre établissements alémaniques: l'Université de Saint-Gall, l'Université de Zurich, l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (ETHZ) et l'Université des sciences appliquées de Zurich (ZHAW) se retrouvent aux quatre premières places du classement. En s'appuyant sur un questionnaire renseigné par 5622 alumni de 30 universités européennes, tous questionnés cinq à dix ans après l'obtention de leur diplôme, Emolument.com a pu calculer le salaire médian des anciens étudiants.

Plus de 200'000 francs pour les alumni de Saint-Gall

Les alumni de Saint-Gall touchent ainsi 160'000£ (203'000 francs) en moyenne anuellement, devançant ceux de l'Uni de Zurich avec 140'000£ (177'000 francs), puis ceux de l'ETHZ avec 135'000£ (171'000 francs) et ceux de la ZHAW avec 127'000£ (160'000 francs). A la cinquième place se retrouve la London Business School, puis quatre écoles françaises (HEC Paris, Mines, Polytechnique, ESLSCA Business School). Et c'est la London School of Economics qui complète le top 10.

Avec un focus sur les formations dans le domaine de la finance et de la banque, certaines formation (et donc certaines universités) sont donc favorisées. En Suisse, il est donc normal de retrouver l'Université de Saint-Gall au sommet. Tandis que côté romand, la meilleure formation dans ce domaine, l'IMD, n'est pas présente dans le classement, n'étant pas rattachée à un établissement universitaire traditionnel, donc pas pris en compte dans l'étude Emolument.com. La business school de Saint-Gall par contre est intégrée à l'université de la ville.

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En comparaison internationale, les chiffres sont également à relativiser. Ainsi, les auteurs de l'étude n'ont pas pondéré leurs chiffres avec le coût de la vie dans les pays où vivent les anciens étudiants des différentes universités. Ainsi, le niveau de vie très élevé en Suisse (et les prix qui vont avec) a pour corollaire de pousser les recruteurs à proposer des salaires très élevés pour les meilleurs talents à la sortie du cursus. De même, le faible taux de chômage sur le marché suisse pousse les candidats à être plus exigeants. La situation est évidemment inversée en France où le coût de la vie est bien moins élevé, et où le taux de chômage peut pousser certains jeunes diplômés à accepter des rémunérations moins élevées afin de décrocher leurs premiers emplois.

Le coût de la vie a été pris en compte à part par les auteurs de l'étude afin de tempérer leurs données brutes. Et c'est ainsi qu'on comprend à quel point cette variable relativise ces résultats: selon les calculs d'Emolument.com, l'indice du coût de la vie en Suisse atteint 125,67 points, contre 76,89 points pour la France et seulement 72,73 points pour le Royaume-Uni.

Autre élément mis en lumière par les auteurs de cette enquête: le choix du premier emploi pour les jeunes diplômés. Les étudiants passés par les établissements suisses auraient tendance à prendre un poste en Suisse, d'où un niveau médian de rémunération élevé. Le phénomène est également connu en France ou en Angleterre. Et ce tropisme accentue évidemment les écarts de revenus entre alumni.

Frais de scolarité et endettement des étudiants

«La question du retour sur investissement figure au premier plan dans la réflexion de nombreux étudiants quand ils cherchent un cursus à suivre. Il faut être conscient que si les frais de scolarité pour un Master tendent à être plus élevés que pour un Bachelor, ils conduisent également à des niveaux de rémunération supérieurs après obtention du diplôme. Certaines universités voient une forte proportion de leurs étudiants débuter leur carrière dans le secteur financier, où les rémunérations sont élevées, avec un effet clair: rembourser leurs dettes et peaufiner leur formation théorique avec une expérience avant d'évoluer vers d'autres secteurs», analyse Alice Leguay, cofondatrice et COO chez Emolument.com.

Et elle soulève bien là un point crucial avec l'endettement des étudiants, souvent lié à leur scolarité. Dans les pays anglo-saxons, et notamment au Royaume-Uni, les droits d'inscription et autres frais de scolarité sont très élevés pour les étudiants. A contrario, les établissements continentaux tentent de limiter l'inflation dans ce domaine. Ainsi, quand la plupart des universités britanniques facturent une année de cours à 9000£ (11'500 francs), l'Université de Saint-Gall ne va pas au-delà de 2000£ (2500 francs), et les universités françaises sont souvent encore moins onéreuses.

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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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