Bilan

Quatre grandes banques grecques dans la tourmente du contrôle des capitaux

Quatre grandes banques grecques, déjà éprouvées par la crise économique, sont quasi paralysées depuis huit jours en raison du contrôle des capitaux.

Après leur recapitalisation ces dernières années dans le cadre du plan du sauvetage du pays par l'UE et le FMI, la Banque nationale grecque, la Banque du Pirée, Alphabank et Eurobank, font de nouveau face à un manque important de liquidités qui menace leur survie.

Crédits: Reuters

Quatre grandes banques grecques, déjà éprouvées par la crise économique, sont quasi paralysées depuis huit jours en raison du contrôle des capitaux devenu inévitable après l'échec des négociations entre Athènes et ses créanciers et qui a conduit au référendum.

Après leur recapitalisation ces dernières années dans le cadre du plan du sauvetage du pays par l'UE et le FMI, la Banque nationale grecque, la Banque du Pirée, Alphabank et Eurobank, font de nouveau face à un manque important de liquidités qui menace leur survie.


Dégradées par les agences de notation

Après la fermeture des banques entrée en vigueur le 29 juin, les agences de notation Fitch et Standard and Poor's (SP) ont dégradé la note de ces quatre établissements en les plaçant en "défaut partiel".

Un "défaut partiel", ou "restricted default", indique qu'un emprunteur est en situation de défaut sur une de ses obligations, sans pour autant se trouver dans une procédure de liquidation ou de faillite.

Jusqu'alors, les notes de solvabilité financière à long terme de ces quatre banques étaient à "CCC", suggérant que la possibilité qu'elles manquent une échéance n'était pas à exclure.

 
La pression de la BCE

Quelques jours après l'élection d'Alexis Tsipras, dirigeant de la gauche radicale Syriza, la Banque centrale européenne (BCE) a indiqué le 5 février qu'elle n'accepterait plus que les banques grecques lui apportent des obligations émises par l'Etat grec notées comme des titres "pourris" pour emprunter auprès d'elle. La fin de ce régime de faveur était alors un premier avertissement au gouvernement destiné à accélérer un accord avec les créanciers sur le prolongement du plan de sauvetage qui existait à l'époque. Le 20 février Athènes a pu obtenir ce prolongement qui a expiré le 30 juin.

 
La survie des banques durant les négociations

Pendant plus de quatre mois de négociations avec les créanciers, les banques grecques n'ont dû leur survie qu'au mécanisme européen d'aide aux banques (ELA), qui leur fournit des liquidités.

La BCE est intervenue presque chaque semaine pour remonter le plafond de l'aide afin qu'elle soit suffisante, jusqu'à l'interruption des négociations et l'annonce d'un référendum, le 26 juin, par le gouvernement grec sur les mesures d'austérité proposées par les créanciers.

Cette annonce a entraîné des retraits massifs d'épargne. La BCE a alors décidé de maintenir inchangé le niveau du plafond, fixé le 26 juin à environ 89 milliards d'euros sans le relever.


Quid de la capacité des banques grecques à résister?

Le Fonds hellénique de stabilité financière (HFSF), créé lors de l'éclosion de la crise de la dette en 2010 pour protéger le secteur grec du crédit, continue d'être une bouée de sauvetage pour les quatre banques.

Actuellement, le HFSF est actionnaire des banques grecques à hauteur de 55% en moyenne, ce qui assure en quelque sorte leur couverture en fonds propres sans toutefois pouvoir compenser le manque important de liquidités, a indiqué à l'AFP une source bancaire ayant requis l'anonymat. Le HFSF possède 57,2% des actions de la BNG, 66,2% d'Alpha, 66,9% de la banque du Pirée et 35,4% de l'Eurobank.

La première recapitalisation des banques est intervenue en 2012 grâce à des fonds européens dans le cadre du plan de sauvetage du pays par l'UE et le FMI. Elle a été suivie par une seconde recapitalisation sur les marchés privés début 2014, permettant aux banques de réussir les tests organisés par la BCE.

Parallèlement, un plan de restructuration du secteur et l'absorption de petites banques par les plus grandes a été mis en place. Cela a renforcé les principales banques grecques, qui restent handicapées par un taux élevé de prêts non remboursés liés à la crise.

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