Bilan

Prix du pétrole: vers une hausse modérée

Pour l’année 2017, les marchés s’attendent à un prix du baril de brut en dessous de 60 dollars. Ils restent sceptiques quant à la mise en œuvre effective des coupes décidées par l’OPEP.
  • L’OPEP s’est engagée à réduire le nombre de barils produits durant six mois.

    Crédits: Edgar Su/Reuters

Avec une hausse de plus de 40% en 2016, le pétrole a retrouvé de bons chiffres après deux années noires. Raison principale, le premier accord de réduction de la production des pays de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) depuis huit ans. Il prévoit une baisse totale de près de 1,8 million de barils par jour dès le 1er janvier 2017 et pour une durée initiale de six mois. Alors que la production dépassait la demande de plus de 100 000 barils par jour en 2016, l’année 2017 devrait voir une inversion de cette tendance et une réduction des excès d’inventaire. Une stabilisation des prix du pétrole en dessous de 60 dollars est attendue par les marchés.

Car du côté de l’offre, l’évolution récente des prix dévoile le scepticisme du marché quant à la mise en œuvre effective des coupes décidées fin novembre par l’OPEP. Alors que les principaux pays de l’organisation devraient respecter leurs quotas, les données pour le mois de janvier indiquent déjà une augmentation de la production en Irak. Le risque que la Libye accroisse sa production plus rapidement que prévu demeure également important.

Le redémarrage d’installations de production a déjà ajouté près de 200 000 barils par jour sur les marchés. Ainsi, la question se pose de savoir jusqu’à quel point les autres pays de l’OPEP seront prêts à contrebalancer cette augmentation de la production. La hausse des prix du pétrole a eu également pour conséquence de relancer la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis. Le nombre de puits a presque doublé depuis le plus bas de 2016 (voir graphique ci-dessous).

Du côté de la demande, une augmentation est à prévoir en raison de l’accélération de la croissance. La hausse la plus importante viendra de la Russie et du Brésil, dont les deux économies sortiront de récession en 2017.

En matière d’inflation, la hausse des prix de l’énergie a eu un effet important sur les indices de prix en fin d’année dernière. Durant la même période en 2015, le pétrole avait chuté de près de 40%, entraînant avec lui les indices de prix en Europe. La fin de cet effet de base et le doublement du prix du pétrole ont fait remonter les prix. Cependant, la dynamique sous-jacente reste très faible et une forte augmentation de l’inflation reste peu probable en Suisse et en Europe en 2017.

Et le métal jaune?

Alors que l’évolution du cours de l’or a été volatile en 2016, il devrait être stable en 2017. L’an passé, son cours s’était envolé durant le premier semestre en lien avec la dépréciation du dollar, mais les incertitudes politiques en deuxième partie d’année sont paradoxalement allées de pair avec une performance négative. La normalisation des taux d’intérêt et la force du dollar ne plaident pas pour une forte hausse du cours de l’or en 2017. Mais son prix étant principalement déterminé par le niveau des taux d’intérêt réels, la remontée de l’inflation devrait limiter sa baisse alors que son rôle de diversification demeure important au sein des portefeuilles. 

* Economiste stratégiste senior chez Mirabaud Asset Management

Valentin Bissat

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