Bilan

Prévoyance: lemania - pension hub tisse sa toile en Romandie

La première plateforme romande dédiée à la prévoyance franchit un nouveau cap avec l’arrivée du Groupe Mutuel et de l’association de médecins AROMED.
  • Les récentes modifications réglementaires de la Loi fédérale sur le libre passage laissent envisager des perspective intéressantes au niveau du libre choix des placements.

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  • "Cette structure de plateforme est plus efficiente grâce à des économies d’échelle permettant de bénéficier d’une tarification plus attractive », estime Alexandre Michellod.

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  • Sur la décennie 2005-2014, les revenus de la fortune ont contribué à hauteur de presque 40% aux recettes globales des caisses de pension, selon un rapport de l'ASB. 

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Nouvelle étape majeure pour la première plateforme romande de prévoyance, qui a vu le jour en mai dernier. Initiée par la banque genevoise Gonet & Cie et le rapprochement de trois fondations actives dans la prévoyance professionnelle et individuelle, elle est aujourd’hui renforcée par l’arrivée du Groupe Mutuel et de l’Association Romande de Médecins (AROMED). Pour la gestion des actifs, la banque Gonet & Cie, le groupe Mirabaud, ainsi que le gestionnaire de fortune indépendant Pleion sont agréés. 

« Le momentum est unique pour nous positionner comme une plateforme de prévoyance de référence auprès des intermédiaires financiers et courtiers, plus particulièrement en Suisse romande », déclare Alexandre Michellod, concepteur de la plateforme lemania - pension hub. « Pour cela, il était essentiel d’unir nos forces pour proposer des solutions de prévoyance basées notamment sur un choix plus libre des placements ».

Mutualisation des ressources 

Comme le précise le communiqué de la plateforme, l’arrivée de Groupe Mutuel permettra notamment de développer des produits de prévoyance individuelle combinant le libre choix des placements avec des couvertures de risque sur-mesure. AROMED, quant à elle, pourra  bénéficier des synergies entre les partenaires de la plateforme afin d’offrir à ses membres des solutions complémentaires en matière de libre passage, de prévoyance individuelle (3a) et surtout de plans 1e liés à la prévoyance surobligatoire.

Indépendance 

Concrètement, les opérations de la plateforme lemania sont gérées par l’intermédiaire de la Fondation Lemania (fllp), avec un conseil ouvert aux représentants du hub et intégrant également des partenaires indépendants. « Chaque membre du hub garde toutefois son indépendance, à l’instar des gestionnaire de fortune proposant chacun leur propre offre de gestion. Mais pour ses destinataires, cette structure de plateforme est plus efficiente sous l’angle des coûts grâce à des économies d’échelle permettant de bénéficier d’une tarification plus attractive », précise encore Alexandre Michellod.

Émergence des plateformes 

Si le lemania-pension hub est la seule plateforme de ce type en Romandie, cette pratique a déjà gagné la Suisse alémanique ces dernières années, où des plateformes de prévoyance ont été mises en place. De grands acteurs, comme les principales banques et compagnies d’assurances, ont également développé leurs propres plateformes aux structures très verticales. 

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« En termes de service et de personnalisation, nous allons nous distinguer de ces autres plateformes », estime Alexandre Michellod. « Nous avons un ADN romand qui se caractérise par une longue tradition de banquiers privés, axée principalement sur le sur-mesure  et l’excellence », précise-t-il encore.

Quatre millions d’assurés 

La prévoyance professionnelle concerne au moins quatre millions d’assurés en Suisse et représente près de 1000 milliards de francs. Si l’assuré final n’a pas voix au chapitre au niveau de la prévoyance étatique (1erpilier) et du régime obligatoire de la prévoyance professionnelle (2e pilier), les récentes modifications réglementaires de la Loi fédérale sur le libre passage laissent envisager des perspective intéressantes au niveau du libre choix des placements que certaines caisses de pension peuvent proposer à leurs assurés dans le cadre de plans dits 1e (prévoyance surobligatoire). 

« Les modes de vie et de travail ont également évolué: entre les changements d’emploi plus fréquents, l’octroi possible d’années sabbatiques ou des postes temporaires à l’étranger, de nouveaux concepts sont à prendre en compte. C’est ainsi que les fondations de libre passage prennent de plus en plus d’importance auprès des courtiers et des consultant actifs dans la prévoyance professionnelle » relève Alexandre Michellod.

Pour lui, la prévoyance, dans le cadre du 3epilier a, qui est donc volontaire, va également gagner en importance dans les années à venir. « Ce sera d’ailleurs l’une de nos priorités, en proposant avec le Groupe Mutuel un produit de troisième pilier alliant capitalisation et assurance », ajoute encore l’expert.

Besoin de réformes

Pour ce spécialiste de la prévoyance en faveur du personnel, la capitalisation est le seul moyen d’assurer, à terme, le paiement de rentes dans un contexte démographique de vieillissement de la population. Mais des réformes sont à prévoir. « Il faudrait ajuster au préalable certains paramètres techniques de la prévoyance professionnelle. En outre, les membres de conseils de fondation ont toujours plus de responsabilités personnelles et les dispositions réglementaires de l’OPP2 relatives aux placements ne sont plus adaptées au contexte conjoncturel d’aujourd’hui. Des aménagements sont nécessaires au niveau de la définition des classes d’actifs pour permettre une allocation des actifs efficiente et plus performante ». 

Pour renforcer son propos, Alexandre Michellod cite le récent rapport de l’Association suisse des banquiers  (ASB) sur l’importance du « tiers cotisant », c’est-à-dire la contribution de la performance des marchés financiers au développement de l’épargne de prévoyance. L’ASB défend naturellement le principe de la capitalisation, ce qui est conforme à ses intérêts. Toutefois, les chiffres sont parlants et semblent valider ces conclusions (voir graphique)

« Troisième cotisant »

Dans ce rapport de l’ASB, on y apprend par exemple que sur la décennie 2005-2014, les revenus de la fortune ont contribué à hauteur de presque 40% aux recettes globales des caisses de pension. À terme, selon la même source, cette quote-part devrait s’établir à environ un tiers.

Ce rapport cite en outre une étude de Credit Suisse, qui a analysé des portefeuilles concrets détenus par des caisses de pension suisses. Il en ressort que la grande majorité présente une allocation sous-optimale de leurs actifs. En d’autres termes, il serait possible de générer une meilleure performance sans risque supplémentaire avec une flexibilité plus grande dans l’allocation des actifs des caisses de pension. 

 

 

Marjorie Thery
Marjorie Théry

JOURNALISTE À BILAN

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