Bilan

Préparer son entrée en bourse en quelques leçons

Plusieurs entreprises suisses participent au programme européen TechShare proposé par Euronext. Leur but: se préparer à une éventuelle entrée en bourse.

Autour de la table, les participants au module lausannois et membres d'Euronext écoutent les conseils d'experts.

Crédits: DR

L’IPO (Initial Public Offering) n’est pas une fin en soi, et pourtant les scale-up suisses s’y préparent. Plusieurs d’entre elles participent au programme TechShare organisé par Euronext, la plateforme boursière pan-européenne. «Il y a huit modules en Suisse» explique Søren Bjønness, directeur d’Euronext pour la Suisse. «Nous essayons de couvrir tous les aspects d’un IPO» précise-t-il.


Pour beaucoup d’entrepreneurs, l’entrée en bourse est une option parmi d’autres. Ils insistent toutefois sur l’importance de s’y préparer sérieusement. En cela, le programme d’Euronext est pour eux une opportunité intéressante.

Søren Bjønness (directeur d'Euronext), Boris Iseli (CFO d'Abionic) et Yves Steinhauser ( CFO de Beqom) ont répondu présent au module de TechShare sur les questions juridiques.

Déroulement d’une session

Le 5 février à Lausanne, il était question des aspects juridiques de l’IPO. L’importance d’une direction définie, la consultation d’avocats, les frais inhérents aux différents pays: de nombreux paramètres doivent être définis avant même d’envisager une entrée en bourse. Le cabinet d'avocat Kellerhals-Carrard s’est fendu d’une présentation de toutes les perspectives juridiques autour de l’IPO.

Autour de la table, les échanges se créent. Un entrepreneur qui a finalement vendu son entreprise après s’être préparé à l’IPO raconte son expérience. «Tout le monde doit être d’accord» insiste-t-il. Boris Iseli réagit et pose des questions. Pour le Chief Financial Officer (CFO) d’Abionic, le programme de préparation à l’entrée en bourse a un réel intérêt. «Cela a cristallisé certaines choses que nous pensions» confie-t-il, avant d’affirmer: «En échangeant avec les autres sociétés, nous voyons qu’il y a beaucoup à partager et apprendre».

La Suisse, et le reste du monde

La Suisse présente plusieurs particularités par rapport à d’autres pays européens. Déjà, elle compte souvent des start-up et scale-up du domaine de la deeptech. La présence de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) et de celle de Zurich contribuent à créer des jeunes pousses ultra spécialisées.

L’écosystème suisse accueille bien ces acteurs du monde économique, mais quelques difficultés existent. «Ce qui est très fort en Suisse, c’est l’aversion au risque» raconte Søren Bjønness. Un avis que partage Yves Steinhauser, CFO de Beqom. «Nous avons un peu les mêmes problèmes que nos voisins européens» analyse l’entrepreneur qui voit deux axes de difficultés pour les scale-up européennes. D’une part, il y a la guerre des talents. «Nous croyons qu’il est plus facile de trouver des employés à Paris, à Berlin ou à Bilbao, mais non. Ils ont les mêmes problèmes que nous» explique-t-il avant d’enchaîner sur le second problème. «En Europe nous sommes plus frileux face aux risques. Il faut davantage convaincre les investisseurs».

Toutes les sociétés présentes ne vont pas lancer leur IPO, mais elles s’en donnent l’option. «L’accent a été mis trop longtemps sur la vente de l’entreprise» note Søren Bjønness. Le programme TechShare a été créé pour offrir davantage d’options aux entrepreneurs de Suisse et d’ailleurs. «Il y a des sociétés à des niveaux très différents» ajoute-t-il.

Comment rejoindre la classe ?

Les entreprises qui veulent participer aux modules doivent postuler. Elles présentent une sorte de carte d’identité - en bien plus détaillé. Ce sont ensuite les différents experts d’Euronext qui tranchent.

Les modules présentés en Suisse sont issus de la collaboration entre Euronext et les partenaires locaux. Ils s’attellent à couvrir un large éventail de domaines, du bancaire au juridique avec également de la communication financière ou encore de la recherche.

La Suisse compte à elle seule une quinzaine de partenaires.
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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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