Bilan

Pour l’ASB, fintech et futur de la place financière sont liés

Le ton des discussions est résolument plus positif que les années précédentes dans les milieux bancaires et financiers. Les opportunités d’avenir ont remplacé les questions de «règlement du passé», estiment les responsables de l'Association suisse des banquiers.
Crédits: Keystone

La digitalisation de la place financière a focalisé l’attention et les échanges, à l’occasion d’une rencontre annuelle avec les représentants d’associations du secteur à Genève, sous l’égide de SwissBanking (ou ASB, Association suisse des banquiers).

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Bien sûr, certains grands dossiers politiques ne sont pas encore refermés. Comme les négociations autour de l’accès au marché européen (véritable serpent de mer) ou les inquiétudes sur l’application de l’échange automatique d’informations fiscales (EAR) et la sécurité des données. Cependant, l’ASB s’est voulue rassurante sur ces thèmes, évoquant les échanges étroits et constructifs avec les autorités.

«Une multitude de modèles d’affaires»

Le ton des discussions est résolument plus positif que les années précédentes et les opportunités d’avenir ont remplacé les questions de «règlement du passé». Édouard Cuendet s’est notamment réjoui de l’approche collaborative qui s’est imposée dans les fintech ces derniers mois.

Le directeur de la Fondation Genève Place Financière disait se souvenir de relations beaucoup plus frontales entre banques et startups du secteur fintech il y a encore quatre ou cinq ans: «Nous voyons aujourd’hui une multitude de modèles d’affaires et un foisonnement très positif, que ce soit dans la gestion d’actifs ou le trade finance par exemple. De plus, les autorités locales et fédérales montrent un soutien bienvenu».  

Une approche collaborative qu’il constate également au sein de l’association Swiss fintech innovation. «Nous travaillons de concert avec de grandes banques des sociétés d’assurances, des fintech et sociétés technologiques sur des projets très concrets comme  l’e-ID, permettant d’établir des standard et faciliter l’adoption de nouvelles technologies».  

Eviter une réglementation trop stricte

Pour Claude-Alain Margelisch, CEO de l'ASB, «il faut aussi veiller à éviter une réglementation trop stricte de la Finma, qui entraverait le développement technologique sur la place financière». Mais selon lui, l’autorité fédérale de surveillance des marchés financiers se montre beaucoup plus proactive et ouverte à l’innovation que ses consœurs dans certains pays voisins, saluant au passage le travail de son directeur depuis 2014, Mark Branson.

Alors que la Suisse a été placée sur la liste grise des paradis fiscaux par l’Union Européenne et que les opérations d’ICO (initial coin offering) se multiplient, leur opacité pourrait-elle nuire à la réputation de la Suisse? «La Finma est consciente de ces opérations. Elle a donné ses lignes directrices et agit avec fermeté si nécessaire. Elle a d’ailleurs fermé une entreprise dans ce domaine».

Cette clarté et ce pragmatisme sont un atout selon le CEO de l’ASB: «Il y a par exemple de nombreuses entreprises italiennes actives dans les crypto monnaies qui sont venues s’installer au Tessin, car la situation juridique et réglementation est plus claire en Suisse sur cette activité».

Jan Langlo, directeur de l'Association de Banques Privées Suisses, nuance également l’impact de ces opérations. «Les risques des ICO se situent davantage du côté de la banale escroquerie et de la naïveté de certains investisseurs,  plutôt que du blanchiment d’argent à grande échelle».

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Marjorie Thery
Marjorie Théry

JOURNALISTE À BILAN

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