Bilan

Pour FlowBank, Charles-Henri Sabet a investi près de 25 millions

Le banquier Charles-Henri Sabet va lancer d’ici septembre ou octobre 2020 sa nouvelle banque en ligne, qui concurrencera Swissquote, Revolut ou N26, avec une technologie «avant-gardiste».

Charles-Henri Sabet lance une nouvelle banque en ligne en Suisse.

Crédits: DR

Charles-Henri Sabet lance une nouvelle banque de trading en ligne, FlowBank, et se réinstalle en Suisse. Ces six dernières années, il était basé à Londres, où il dirigeait London Capital Group, firme qu’il a rachetée en 2014. FlowBank, basée à Genève et qui emploie 40 personnes, devrait être rapidement opérationnelle, d’ici un à deux mois, indique Charles-Henri Sabet. L’investissement initial dans le projet? Il se chiffre à 20 et 25 millions de francs, selon le fondateur, en plus du capital réglementaire requis par la FINMA pour exercer en tant que banque.

L’entrepreneur, qui est né et a grandi à Lausanne, et dont les parents sont originaires d’Egypte, n’en est pas à son coup d’essai. En 1991, il avait fondé TPC, une firme spécialisée dans les opérations de change, renommée Synthesis Bank en 1999, qu’il avait vendue en 2007 à Saxo Bank. «En 2003, rappelle-t-il, nous étions les premiers en Suisse à lancer le forex en ligne et les CFD». Les Contracts for Difference sont des instruments dérivés sur actions, indices ou devises, pour investisseurs sophistiqués.

Secteur en croissance et concurrence

En créant FlowBank, une banque digitale qui permet d’investir via un seul compte multidevises, il entre dans un secteur en forte croissance, celui de Swissquote, mais aussi de Revolut et N26, ces deux néo-banques qui ont gagné très rapidement des parts de marché dans la banque de détail en Suisse. D’après Colombus Consulting, «l’arrivée de Revolut sur le marché suisse en 2018 avait marqué les esprits avec une performance sur le mobile insolente. En 2019, c’est au tour de N26 d’arriver avec une expérience déjà acquise sur des marchés matures (Allemagne, France). Et le résultat est tout aussi spectaculaire, puisque ces deux acteurs, qui se trouvent en bas de classement des banques pour leur performances web, se placent dans le Top 5 sur le mobile et les réseaux sociaux».

A présent, c’est au tour de FlowBank, qui vient d’obtenir la licence bancaire, de se lancer dans l’arène, avec deux atouts mis en avant par le fondateur: «une technologie plus avant-gardiste que ce qui se fait ailleurs», et des frais très concurrentiels, alors que l’app bancaire britannique Revolut a récemment revu à la hausse ses commissions pour les opérations de change. «Il y a 15 ans, j’étais un des premiers à faire baisser les prix des transactions, et nous serons extrêmement concurrentiels au niveau des frais», annonce le créateur de FlowBank.

A propos de la concurrence existante, il estime que «le monde financier a besoin de plus en plus de différents intervenants, et qu’il y a de la place pour se positionner sur ce segment». Son métier premier, ajoute-t-il, «est de nous imposer avec notre technologie et ce qu’on appelle l’expérience client». Entre-temps, des crypto-banques ont aussi fait leur apparition sur le marché suisse, telles que Sygnum Bank (basée à Zurich) et SEBA Bank (Zoug). Mais Charles-Henri Sabet n’a pas pour priorité les crypto-actifs pour le moment, qui «viendront à terme».

Un champion de backgammon

Diplômé d’une école supérieure de commerce, Charles-Henri Sabet a toujours été intéressé par les chiffres, la gestion de risques et l'entreprenariat. Cette fibre, il ne l’a pas acquise de ses parents, actifs dans le domaine des engrais chimiques. Lui avait le goût du jeu. Champion de backgammon dans sa jeunesse, c’est tout naturellement qu’il s’est orienté par la suite vers le trading.

Son frère Jean-Marc Sabet, son cadet de quatre ans, a lui aussi démontré un goût précoce pour la finance, et en particulier le marché des changes (forex). Après avoir travaillé dans des banques (UBS et Republic National Bank) puis chez des courtiers de devises, il a fondé en 2006 B-Sharpe à Genève, une fintech spécialisée dans le forex, dans laquelle Migros a pris une participation minoritaire en novembre dernier.

Pour Charles-Henri Sabet, «la passion est le moteur du succès». C’est pourquoi il a appelé sa banque «Flow» Bank, dit-il. «Toute l'équipe de management ici, et moi le premier, pensons que le flow correspond à une expérience optimale où la personne se sent le mieux possible, comme un sportif au top de sa concentration, et c’est là que la créativité ou la productivité peuvent être optimales. Un investisseur peut se retrouver dans le même état d’esprit, et on essaie de développer de la technologie qui offre cet état optimal aux utilisateurs».

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

Myret Zaki est journaliste indépendante, spécialisée en économie et finance, et conseillère pour influenceurs et leaders d’opinion. Entre 2010 et 2019, elle a travaillé au magazine Bilan, assumant la rédaction en chef à partir de 2014. Elle avait auparavant travaillé au Temps de 2001 à 2009, dirigeant les pages financières du journal. Ses débuts, elle les avait faits à la banque genevoise Lombard Odier dès 1997, où elle a appris les fondements de l'analyse boursière. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage d'investigation, "UBS, les dessous d'un scandale". Elle obtient le prix Schweizer Journalist 2008. En 2010, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle prédit que la fin du secret bancaire profitera à d'autres centres financiers. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin du billet vert comme monnaie de réserve, puis «La finance de l'ombre a pris le contrôle» en 2016.

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