Bilan

Plus de rendement grâce aux dérivés

Les caisses de pension sont incitées à prendre plus de risques. Avec une gestion tactique à l’aide de produits dérivés, elles peuvent mieux gérer ces risques.

Edouard Crestin-Billet, responsable de la gestion institutionnelle chez 1875 Finance.

Crédits: Dr

«Les caisses de pension sont confrontées à deux défis majeurs en termes de placement, à savoir la baisse structurelle des rendements et l’augmentation de la volatilité des actifs financiers», constate le carton des Journées de la prévoyance, organisées en juin prochain par le Groupe Pittet et PwC. Face à cela, Edouard Crestin-Billet, directeur et responsable de la gestion institutionnelle chez 1875 Finance, conseille la technique de la gestion superposée (overlay). Il traitera ce thème en juin prochain, au côté de François Chauvet, président d’APTimum Conseil, dans le cadre des Journées de la prévoyance.

Qu’est-ce que la gestion superposée, ou «overlay management»? Concrètement, on utilise des produits dérivés pour augmenter ou réduire l’exposition d’un portefeuille à telle ou telle classe d’actifs. L’utilisation des dérivés permet par exemple de couvrir une partie de l’exposition à une certaine devise, ou à une action.

«Plutôt que vendre ou acheter des titres en direct sur le marché, on vend et on achète des futures sur ces sous-jacents, ce qui est plus flexible et revient moins cher que l’achat et la vente directs de titres, explique Edouard Crestin-Billet. Par exemple, si vous souhaitez avoir une allocation de 30% en actions et que l’allocation de votre portefeuille soit de 35%, vous allez vendre pour 5% de futures sur actions pour atteindre les 30% d’exposition souhaités. Le portefeuille sous-jacent, lui, n’a pas besoin de bouger.»

Ce qui n’empêche pas le gérant de vendre ou d’acheter des actions; mais les dérivés lui offrent un outil d’ajustement tactique pour réduire ou augmenter momentanément l’exposition.

Plus de flexibilité

Quels types de dérivés utilise le gérant overlay? Des futures sur indices d’actions, par exemple sur le SMI, sur le S&P 500, ou sur l’Euro Stoxx. Si l’exposition au risque de crédit est très importante, le gérant pourra utiliser des indices de dérivés de crédit ou Credit Default Swap (CDS) pour couvrir ce risque. Pour les obligations, le gérant utilise soit des futures, soit des swaps de taux d’intérêt lorsque les montants sont importants

. Si le gérant vend des futures pour atteindre une allocation tactique inférieure à l’exposition des sous-jacents dans lesquels il est investi, il ne procède pas à des ventes à découvert, ou short selling. En outre, la gestion overlay pratiquée par 1875 Finance ne recourt pas à l’effet de levier: on ne va pas amplifier les positions acheteuses ou vendeuses en démultipliant la mise à l’aide des dérivés.

En résumé, souligne Edouard Crestin-Billet, cette gestion à l’aide de futures permet aux grandes caisses de pension de gérer leurs positions tactiques de façon beaucoup plus flexible, s’adaptant mieux à la volatilité des marchés, et ainsi d’améliorer le rendement. «A l’heure où il est difficile pour les caisses de pension d’obtenir un rendement minimal pour faire face à leurs engagements, et où elles sont incitées à prendre plus de risques pour trouver du rendement, ce mode de gestion, qui leur offre la possibilité d’ajuster rapidement la prise de risque, a toute sa raison d’être.»  

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

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