Bilan

Plus de 3000 Américains ont renoncé à leur passeport en 2014, un record

Le maire de Londres Boris Johnson, binational, a abandonné sa citoyenneté américaine. Il dénonce les pratiques agressives de l’IRS.

Binational, le maire de Londres Boris Johnson renonce à son passeport américain. 

Crédits: Dr

Le nombre d’Américains expatriés qui abandonnent leur nationalité a explosé. De moins de 1000 personnes par année avant 2010, il est passé à 3415 en 2014, rapporte The Economist. Un record.

Parmi les cas les plus récents, Boris Johnson. Connu pour son tempérament de feu, l’actuel maire de Londres, binational, a renoncé à sa citoyenneté américaine il y a quelques jours. « Je veux divorcer d’avec l’Amérique », déclare celui qui est né à New York où son père étudiait. « Je suis devenu Américain par erreur. »

Boris Johnson dénonce les pratiques « absolument outrageuses » de l’IRS (Internal Revenue Service), soit le fisc américain, envers les citoyens US à l’étranger. L’an dernier, le maire turbulent, qui a toujours vécu en Europe, a été pressé de régler un impôt américain sur la vente de sa maison dans le nord de Londres. Un impôt qui n’existe pas en Grande-Bretagne.

Les pressions administratives de Fatca

L’entrée en vigueur de Fatca, loi américaine sur la conformité d'un compte étranger, a accéléré les renonciations ces dernières années. Votée en 2010, et active depuis juillet 2014, la loi permet aux Etats-Unis de récolter tout type d’informations – comptes bancaires, assurance vie, hypothèques, prêts – sur ses six millions de citoyens expatriés, auprès de plus de 70'000 institutions financières étrangères et plusieurs dizaines de gouvernements.

Dès lors, il est pratiquement impossible pour un détenteur du passeport américain d’échapper à la déclaration de revenus annuelle de l’IRS. Même si, comme Boris Johnson, il n’a jamais résidé aux Etats-Unis.

De plus, la loi Fatca vient compliquer les relations des Américains avec les banques de leur pays d’accueil, notamment en Europe. En effet, de nombreuses institutions refusent de les garder comme clients pour éviter les pressions administratives et les coûts de mise en conformité engendrés par Fatca. Dès lors, renoncer à sa nationalité peut apporter un certain soulagement. 

 

 

Dino Auciello

ANCIEN RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT À BILAN

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Dino Auciello a été rédacteur en chef adjoint à Bilan, responsable de bilan.ch, de novembre 2014 à juillet 2017. Il a rejoint Bilan en 2010, après avoir terminé ses études à l’Académie du Journalisme et des Médias de Neuchâtel.

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