Bilan

Pierre Condamin-Gerbier embarrasse la justice

Le lanceur d’alerte, ancien cadre de la banque genevoise Reyl & Cie, s’est bien calmé après deux mois et demi de détention à Berne. Mais à présent, il nie avoir livré le moindre nom à la justice française…

Pierre Condamin-Gerbier a été inculpé notamment pour «service de renseignements économiques».

Crédits: AFP

Au ministère public de la Confédération, comme au sein de la banque Reyl, on commence à s’arracher les cheveux. Décidément, ce Pierre Gerbier, dit Condamin-Gerbier, ancien salarié de Reyl, serait toujours aussi ingérable.

Il avait pourtant été décidé, en accord avec toutes les parties, de régler très rapidement le cas de ce faux chevalier blanc de la lutte contre l’évasion fiscale en utilisant une procédure simplifiée. En clair, tout le monde se met autour d’une table, et l’accusé, inculpé notamment pour « service de renseignements économiques », reconnaît ses fautes.

Il avoue que pendant plusieurs mois, durant la première moitié de l’année 2013, grisé par les micros et les caméras, il a dit à peu près tout et son contraire sur la place financière suisse. Auditionné par les députés français le 3 juillet, Pierre Gerbier annonçait avoir transmis à la justice une liste d’une quinzaine de noms de personnalités ayant un compte en Suisse.  

Après ses aveux, ce Français, ancien cadre de banque, évitait un procès, recevant par La Poste sa condamnation à quelques mois de prison avec sursis. Il pouvait, à 43 ans, tenter de reconstruire sa vie. Tout devait être réglé fin 2013.

Van Ruymbeke savait tout

« Certes, il a reconnu que le document qu’il avait donné à Europe 1, mettant en cause la banque Reyl, était falsifié. Mais pour le reste, Gerbier jure qu’il n’a jamais livré un seul nom en France ! », soupire un proche du dossier. L'ancien cadre de banque maintient que le juge Renaud Van Ruymbeke savait déjà tout, et qu’il n’a donc pas eu besoin de lui faire de révélations.

Dans ces conditions, aucun compromis ne peut être trouvé avec la banque Reyl, à l’origine de la plainte pénale du 17 juin 2013 contre Pierre Gerbier pour « falsification de document », mais aussi pour « vol, violation du secret professionnel et commercial ».           

Vincent Jeanneret, l’avocat de la banque, n’a pas souhaité faire de déclaration. Même silence de la part d’Edmond de Braun, l’avocat de l’ancien “whistleblower“. « Pierre Gerbier habite toujours à Saint-Prex avec sa femme et sa petite fille. J’ai appris qu’il avait reçu l’autorisation d’aller à l’étranger. Il s’est notamment rendu en France », précise Nicolas Blazianu, dont les relations avec son gendre, Pierre Gerbier, sont loin d’être au beau fixe.   

 

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