Bilan

Pictet dépasse Julius Baer en total des actifs

Devenue le 1er janvier une société anonyme, la banque genevoise gère autant d'avoirs privés qu'institutionnels. Elle annonce aujourd'hui 200 millions de bénéfice pour son premier exercice semestriel publié.

La banque genevoise a publié pour la première fois son résultat semestriel en 204 ans d'existence.

La banque genevoise Pictet, devenue société anonyme depuis janvier 2014, rend désormais publics les états financiers du groupe tous les six mois. Au 30 juin, le groupe Pictet a poursuivi sa croissance régulière, avec un bénéfice de 203 millions, sur un revenu d’exploitation de 975 millions, composé  à 85% des revenus de commissions et de prestations de service.

Banque mi-privée, mi-institutionnelle

Les avoirs sous gestion et en dépôt du groupe Pictet progressent de 3,3% depuis décembre, à 404 milliards. Un chiffre qui dépasse désormais les 375 milliards de sa grande rivale zurichoise Julius Baer, hissant Pictet au rang de troisième banque privée suisse, en termes d'avoirs sous gestion et dépôt.

La comparaison s’arrête ici cependant, car Julius Baer, contrairement à Pictet, ne gère plus d’avoirs institutionnels, depuis qu’elle a scindé son unité d’asset management, GAM, en 2009, désormais cotée séparément à la bourse suisse.

Pour sa part, Pictet, qui s’est ouverte très tôt à l’asset management et l’a conservé comme l’un de ses cœurs de métier, gère aujourd’hui pour moitié des avoirs privés, et pour moitié des avoirs institutionnels. Si bien qu’ils se répartissent de manière quasi équivalente à fin juin (150 milliards pour la clientèle privée, et 144 milliards pour la clientèle institutionnelle et les fonds de placement). A titre de comparaison, Julius Baer gère 274 milliards d’avoirs uniquement privés, selon ses chiffres de fin juin.

Un bilan solide

Le bilan du groupe Pictet indique 2,2 milliards de fonds propres de première qualité, ce qui situe à 21,7% le ratio de fonds propres, qui dépasse largement les exigences de Bâle III ou de la FINMA, souligne l’établissement. Si le bilan de Pictet est très sûr, c’est en bonne partie parce qu’elle s’était désengagée en 2008 d’activités plus risquées, en vendant Helvea, son service de courtage institutionnel d’actions.

Sur ces 2 milliards, les apports directs des associés s’élèvent à 788 millions. Une bonne partie des fonds propres se compose en effet des apports effectués sous une forme ou sous une autre par les associés en faveur du groupe, le reste provenant des bénéfices et des réserves issues des bénéfices des exercices précédents. 

La publication des résultats découle du changement de structure juridique de la banque, annoncé en février 2013 et effectif depuis le 1er janvier 2014. La banque suisse du groupe, gérée jusqu'alors par des banquiers privés associés, est ainsi devenue une société anonyme. Toutes les entités du groupe Pictet ont été regroupés en une société de commandite par actions (Pictet&Cie Group SCA). Cette entité, dont les propriétaires sont les huit associés, agit comme direction du groupe.

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

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