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Pékin a dépensé 900 milliards de yuans pour enrayer la débâcle des Bourses

Le gouvernement chinois a dépensé jusqu'à 900 milliards de yuans (142,5 milliards de francs) ces deux derniers mois pour enrayer la débâcle des Bourses locales.

Pékin a par ailleurs interdit aux groupes publics de vendre leurs titres, aux investisseurs possédant plus de 5% d'une entreprise cotée de céder leurs parts, et enjoint les maisons de courtage à investir massivement sur les places boursières.

Crédits: AFP

Le gouvernement chinois a dépensé jusqu'à 900 milliards de yuans (142,5 mrd CHF) ces deux derniers mois pour enrayer la débâcle des Bourses locales et redonner confiance aux investisseurs, a estimé la banque d'investissement américaine Goldman Sachs.

Après s'être envolée de 150% en un an, la Bourse de Shanghai s'est effondrée d'environ 30% en trois semaines à partir de la mi-juin, et n'est toujours pas parvenue à se reprendre, sur fond de violentes turbulences.

Et ce en dépit du vaste arsenal de mesures très interventionnistes adoptées par les autorités --dont des rachats d'actions massifs via l'organisme étatique China Securities Finance Corporation (CSF)

D'après un rapport de Goldman Sachs, transmis jeudi à l'AFP, le gouvernement chinois aurait dépensé entre 860 et 900 milliards de yuans pour secourir les Bourses depuis mi-juin.

Mais les fonds publics potentiellement disponibles pour soutenir les marchés si besoin seraient au total d'environ 2.000 milliards de yuans (en incluant les sommes déjà engagées), ont estimé les experts de la banque.

Les efforts portent notamment sur les "valeurs sûres" de la cote, titres des poids lourds des secteurs financier, de l'agroalimentaire et de la santé, relève le rapport de Goldman Sachs.

De son côté, Bloomberg News rapportait jeudi que le CSF --dont le rôle était d'assurer le financement des courtiers-- était à la recherche de 2.000 milliards de yuans supplémentaires.

Ce qui porterait à 5.000 milliards de yuans le total de ses fonds destinés à enrayer le plongeon des marchés, poursuivait Bloomberg, citant des sources proches du dossier.

Pékin a par ailleurs interdit aux groupes publics de vendre leurs titres, aux investisseurs possédant plus de 5% d'une entreprise cotée de céder leurs parts, et enjoint les maisons de courtage à investir massivement sur les places boursières.

Mais les craintes que le gouvernement puisse se retirer progressivement des marchés ont récemment nourri un nouvel accès de panique des investisseurs, faisant trébucher la Bourse de Shanghai de 8,48% en une seule séance.

Pour Goldman Sachs, cependant, de telles inquiétudes sont exagérées, et l'"équipe nationale" --l'ensemble des courtiers et investisseurs oeuvrant pour le compte du gouvernement-- devrait rester active encore un moment

"La probabilité d'un retrait brusque reste basse, puisque le marché n'est pas encore stabilisé et que le gouvernement n'a pas un besoin urgent de récupérer les fonds" mobilisés, observaient les analystes.

Selon Goldman Sachs, l'indice composite de la Bourse de Shanghai, qui a clôturé jeudi à 3.662 points, devrait continuer à osciller autour des 3.500 points tout en restant contenu sous 4.000 points. Il est en recul de 29% par rapport au 12 juin.

De l'avis général, une forte volatilité devrait perdurer, alors que, échaudés, les investisseurs chinois --pour une écrasante majorité des particuliers et petits porteurs-- restent très réticents à revenir sur les marchés.

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