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Patrick Odier défend son bilan à la Journée des banquiers

Le président de l'Association suisse des banquiers (ASB) Patrick Odier a assuré que la place financière continue à jouer son rôle de moteur de l'économie suisse.

Patrick Odier a rappelé que la place financière a essuyé de nombreuses critiques au cours des sept dernières années, parfois à tort, parfois à raison.

Crédits: Keystone

Le président de l'Association suisse des banquiers (ASB) Patrick Odier a défendu son bilan à l'occasion de sa dernière assemblée générale à la tête de l'institution. La faitière est "parée pour l'avenir", selon lui. Lors de son allocution, le président sortant a insisté sur la "révolution de la conformité fiscale" intervenue au cours des sept dernières années et assuré que la place financière, "responsable", continue à jouer son rôle de moteur de l'économie suisse.

"Il n'y a probablement pas eu de plus grand changement de paradigme que celui intervenu en matière conformité fiscale", a déclaré jeudi M. Odier lors de la conférence de presse précédant la Journée des banquiers. La mise en oeuvre de l'échange automatique des données en 2018 constituera l'aboutissement de ce processus.

Le président de l'ASB a souligné le changement des mentalités opéré au sein du secteur bancaire. "En sept ans, nous sommes passés du 'tabou' que constituait toute remise en cause du secret bancaire fiscal (...) à l'acceptation, comme une évidence, du postulat de la conformité fiscale". La solution Rubik, autrefois défendue par Patrick Odier, n'est pas devenue un standard international, a-t-il regretté.

La réorientation de l'association sur des thèmes stratégiquement prioritaires, à savoir la banque de détail, la banque privée, la gestion d'actifs et le marché des capitaux, évite à la faîtière de se disperser. Une gouvernance plus agile a été mise en place l'année dernière, s'est félicité le président. "Je suis satisfait que mon successeur puisse disposer d'une mécanique encore plus efficace pour relever les nombreux défis à venir".

Herbert J. Scheidt, président du conseil d'administration de Vontobel, reprendra la présidence de l'ASB vendredi.

Mission accomplie

Patrick Odier a rappelé que la place financière a essuyé de nombreuses critiques au cours des sept dernières années, parfois à tort, parfois à raison. "Il est indéniable qu'elle a toujours joué son rôle, même dans les moments de crise les plus aigus." A en croire le président, les banques n'ont pas failli à leur mission en continuant d'octroyer des crédits aux entreprises, notamment aux PME, et aux particuliers.

L'implémentation de mesures visant à protéger l'épargne s'est déroulée rapidement. Les établissements helvétiques figurent aujourd'hui parmi les plus capitalisés au monde. "Cette solidité des banques suisses est, dans l'environnement géopolitique actuel, un véritable avantage compétitif, pour autant que l'on ne tombe pas dans des excès", a noté M. Odier.

L'emploi, pour l'année 2015, s'est révélé stable dans le secteur bancaire. Le président sortant a qualifié cette situation de "remarquable". Cependant, la tendance au glissement des effectifs de la Suisse vers l'étranger inquiète l'ASB, qui pointe du doigt l'absence d'accès au marché européen.

L'occasion pour Patrick Odier et le directeur général (CEO) Claude-Alain Margelisch d'enfourcher leur cheval de bataille préféré, celui des conditions-cadres attractives. Le CEO de l'association a insisté sur différentes textes qui seront soumis au peuple suisses prochainement, à savoir les initiatives "monnaie pleine" et "pour la protection de la sphère privée", ainsi que le contre-projet à cette dernière.

La faîtière rejette ces trois objets, susceptible de mettre en danger les postes de travail en Suisse, selon les deux dirigeants.

Les technologies financières ("fintech") demeurent une priorité stratégie de l'ASB. Cette dernière rechigne cependant encore à accueillir des acteurs purement financiers parmi ses membres, se limitant principalement aux banques. "Nous voulons assurer la mise en place de bonnes conditions cadre pour les fintech avant de les intégrer", a argumenté le président.

Interrogé sur les sanctions prises par le régulateur à l'encontre de BSI suite au scandale 1MDB, M. Odier n'a pas souhaité commenter ce cas précis, arguant que l'affaire n'était pas réglée. La lutte contre le blanchiment d'argent reste un thème d'actualité dans l'industrie bancaire, a-t-il toutefois reconnu, avant de préciser que cela concernait aussi bien la place financière suisse que toutes les autres dans le monde.

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