Bilan

Omnipotente, la Fed est au cœur des enjeux planétaires

Avec sa politique monétaire, la Réserve fédérale rythme la marche de l’économie américaine et renforce son poids à l'échelle planétaire. Le risque d’un nouveau shutdown pèse sur les États-Unis. Analyse.

Les marchés sont suspendus aux décisions de la Fed et de sa directrice Janet Yellen.

A Washington, il y a Barack Obama. Puis, il y a Janet Yellen. En temps normal à Washington, le pouvoir de la présidente du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale (Fed) serait important, mais pas autant qu’il ne l’est actuellement. Vu la paralysie qui règne dans un Congrès incapable de se mettre d’accord sur un semblant de politique économique, la Fed doit affronter seule une économie américaine moribonde depuis des années.

La Maison-Blanche donne l’impulsion, mais c’est la Fed avec sa politique monétaire qui rythme la marche de l’économie américaine. Du coup, les marchés guettent le moindre signal et la moindre de ses déclarations. Et ils attendent avec impatience de savoir si elle augmentera ses taux d’intérêt d’un quart de point pour la première fois depuis 2006.

Malgré les mises en garde de Larry Summers, l’ancien conseiller économique de Barack Obama, de nombreux observateurs de Wall Street pensent qu’une hausse des taux d’intérêt de 0% à 0,25%, ne ferait sûrement pas l’effet d’une déflagration sur les marchés. Ces derniers s’y attendent depuis des semaines depuis que la Fed a multiplié les allusions dans ses communiqués ces derniers mois.

Le spectre du shutdown

Le problème est que la réunion de deux jours de la Réserve fédérale américaine qui s’ouvre ce mercredi, sera rapidement suivie d’une période remplie d’incertitudes à Washington. Le risque d’un nouveau shutdown du gouvernement américain le 1er octobre est réel si les parlementaires restent incapables de se mettre d’accord sur le budget de l’Etat. Et comme les points de friction ne manquent pas entre républicains et démocrates, la perspective d’un shutdown se renforce au fil des jours à Washington. Si on ajoute à cela l’essoufflement de l’économie chinoise et un taux d’inflation aux Etats-Unis qui reste en-dessous du plafond de 2% de la Fed, plusieurs analystes espèrent ou pensent que la Réserve fédérale attendra encore quelques semaines avant d’augmenter ses taux d’intérêt.

La journée de mardi a été révélatrice du poids de Fed à l’échelle planétaire. Aux Etats-Unis, le Dow Jones, le S&P 500 et le Nasdaq ont tous terminé en hausse de plus de 1%. dans l’expectative de la décision de la Fed. Partout ailleurs, les marchés ont pour la plupart clôturé en baisse mardi. Les titres asiatiques ont terminé en recul et la banque centrale japonaise n’a pas touché à sa politique monétaire qui est pourtant placée sous le sceau de l’expansion. En Allemagne, le DAX a gagné 0,2%, mais le CAC 40 a perdu 0,1% en France.

Certains craignent d’ailleurs qu’une hausse des taux d’intérêt aux Etats-Unis puisse notamment avoir un impact sur l’eurozone en créant potentiellement de nouvelles turbulences sur les marchés après les secousses estivales.

Jean-Cosme Delaloye

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