Bilan

Olivier Collombin, un banquier genevois tourné vers le digital

Le responsable des tiers gérants de Lombard Odier organise les 24 et 25 septembre un événement financier virtuel, où les participants échangeront via leur avatar.

Pour Olivier Collombin, la technologie permet d’éliminer les frontières et les pertes de temps.

Crédits: Dr

Olivier Collombin est toujours en avance sur son secteur, celui des banques genevoises. Le responsable de l’équipe des gérants de fortune indépendants de Lombard Odier organise, les 24 et 25 septembre prochains, la 2e édition de la VirtualFinfair 2014. L’heure? De 9  heures du matin à 9  heures du soir. Le lieu? Ni Genève ni Londres. Ne le cherchez pas plus loin, il est devant vous: l’écran.

Celui qui avait rejoint en 1987 l’ancienne Darier Hentsch & Cie, fusionnée avec Lombard Odier en 2002, rencontre le succès avec cette conférence financière, la seule «probablement au niveau mondial» selon lui, qui se déroule 100% en ligne.

Grâce à un logiciel 3D, les participants peuvent se promener avec leur avatar (anonyme ou identifié) dans les allées virtuelles du grand hall où sont postés les exposants et aller à la rencontre des avatars des autres, communiquer avec eux par chat ou skype, échanger des cartes de visite, assister à des présentations, tout cela depuis n’importe où dans le monde. «La réalité virtuelle n’est plus un jeu, elle devient un outil professionnel», annonce le site de l’événement.

L’an dernier, 5000 cartes de visite ont ainsi été échangées. «Les participants communiquent beaucoup et sont moins réticents d’aller à la rencontre des autres que lors d’un séminaire réel, car ils peuvent identifier l’avatar qui est face à eux», souligne Olivier Collombin.

La seule chose qui manque peut-être à cet événement: l’odeur du café servi au bar… Mais si cela devient possible un jour d’en respirer l’odeur, le banquier genevois sera le premier à le savoir.

Réseau social pour les banquiers

Précurseur, Olivier Collombin l’est sans conteste. D’abord, c’est une disposition familiale: son père a toujours créé et inventé de nouveaux produits dans le domaine industriel. Ensuite, il s’est intéressé très tôt aux gérants indépendants lorsqu’il faisait ses débuts à Credit Suisse et a beaucoup réfléchi aux solutions informatiques sûres et à distance que les banques pouvaient mettre à disposition de ces professionnels.

C’est donc dans une suite logique qu’il a été l’un des premiers de la place genevoise à penser un réseau social pour les professionnels de la finance. En 2009, il lance la plateforme e-merging pour favoriser le réseautage entre les gérants indépendants. La plateforme évolue vers des fonctionnalités de plus en plus similaires aux réseaux sociaux. Désormais, plus de 1000 gérants sont inscrits sur la plateforme.

Ce qu’a perçu le responsable des tiers gérants de Lombard Odier, c’est tout le potentiel que la technologie peut offrir à la finance, en éliminant les frontières et les pertes de temps.

Féru de «digital banking», le banquier genevois qui raisonne en termes de «communauté de clients» et de «relationnel augmenté» regarde déjà l’étape où de très nombreuses affaires pourront s’effectuer de part et d’autre dans le monde, à la faveur de la technologie, et en évitant du même coup les problématiques «cross-boarder» qui entravent aujourd’hui la pratique bancaire.

Il encourage aussi l’essor des technologies favorisant la comparaison transparente des performances des gérants de portefeuille de la place, ce qui l’a mené à monter l’opération «Dare to Compare» sur le site PerformanceCorner, que développe actuellement un ancien de Credit Suisse, Nicolas Hochstadter.

A la peur du changement, Olivier Collombin substitue l’enthousiasme de la nouveauté qu’il estime trop lente à venir dans le monde bancaire suisse. Une vision qui pourrait bien être la recette de la compétitivité future de la place financière suisse.

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

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