Bilan

Offshore: les banques suisses assurent respecter la législation

UBS, Credit Suisse et HSBC, via notamment sa filiale suisse, reviennent sur le devant de la scène médiatique, suite à la publication de l'enquête sur l'utilisation des paradis fiscaux.

Credit Suisse et UBS disent respecter la conformité fiscale dans leurs activités transfrontalières.

Crédits: Keystone

Les groupes bancaires UBS, Credit Suisse et HSBC, via notamment sa filiale suisse, reviennent lundi sur le devant de la scène médiatique, suite à la publication d'une vaste enquête sur l'utilisation des paradis fiscaux. Les trois sociétés apparaissent parmi les établissements les plus actifs dans la création de sociétés-écrans via l'étude d'avocats Mossack Fonseca. Credit Suisse et HSBC Suisse affirment être conformes à la législation en la matière.

Au coeur des révélations dites "Swissleaks" de février 2015, HSBC Private Bank (Suisse) se retrouve citée dans ces nouvelles fuites nommées "Panama Papers", Mossack Fonseca étant une société panaméenne. Le gestionnaire de fortune genevois parle d'allégations qui précédent en date les réformes menées à l'interne pour rendre l'établissement conforme fiscalement et dit travailler avec les autorités pour combattre la criminalité financière.

"Notre politique est claire: les comptes à l'étranger ne peuvent rester ouverts que si le client a fait l'objet d'un examen minutieux", indique HSBC dans une prise de position.

Credit Suisse affirme avoir mis en oeuvre depuis 2013 plusieurs programmes de régularisation fiscale dans de nombreux pays. Tout client doit désormais prouver qu'il est conforme fiscalement sous risque de voir la relation bancaire clôturée, explique le numéro deux bancaire. Dans les cas où le titulaire du compte est différent du bénéficiaire, ce dernier doit pouvoir être identifié.

L'établissement zurichois dit respecter la conformité fiscale dans ses activités transfrontalières.

Le son de cloche est identique chez UBS. "Nous ne nous intéressons pas à des fonds non déclarés ou provenant d'activités illégales", affirme-t-on auprès de la banque aux trois clés.

Ministère public sur la retenue

Apparaissant également dans les "Panama Papers", la banque privée hambourgeoise Berenberg a indiqué à l'agence DPA que sa filiale helvétique avait effectivement ouvert des comptes destinés à des sociétés offshore, comme de nombreux autres établissements. "Ceci, bien sûr, en conformité avec les dispositions légales", précise le gestionnaire de fortune allemand.

Le Ministère public de la Confédération n'a pour l'instant engagé aucune procédure suite à ces révélations. "La suspicion doit être suffisante pour lancer une enquête pénale et ordonner des mesures de contrainte", a indiqué une porte-parole. Pour cela, "la preuve concrète d'infraction pénale doit être apportée", selon Nathalie Guth. L'autorité a néanmoins "pris note" des articles de presse sur "Panama Papers".

Une énorme enquête réalisée par plus de 100 journaux sur quelque 11,5 millions de documents a révélé dimanche des avoirs dans les paradis fiscaux de 140 responsables politiques ou personnalités de premier plan, parmi lesquels le cercle rapproché du président russe Vladimir Poutine, et les footballeurs Michel Platini et Lionel Messi.

Ces documents, regroupés sous la dénomination "Panama Papers" proviennent du cabinet d'avocats Mossack Fonseca, qui a lui défendu 40 ans d'expérience sans accroc.

Ces documents ont d'abord été obtenus par le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. Le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) a ensuite réparti le travail d'exploitation, qui a duré environ un an, entre les publications membres. L'ICIJ précise sur son site internet que 370 journalistes de plus de 70 pays y ont participé.

Les valeurs bancaires réagissaient de manière mitigée à cette actualité. A 13h55, la nominative UBS perdait 0,9% à 15,00 CHF, alors que l'action Credit Suisse se tenait juste au dessus de l'équilibre (+0,1% à 13,44 CHF) dans un SMI en hausse de 0,8%.

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