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Nana Mouskouri: "Je n'ai pas choisi Genève pour son forfait fiscal"

Nana Mouskouri est installée à Genève depuis 50 ans. Fiscalité, carrière, vie quotidienne: la chanteuse grecque répond à Bilan.

Nana Mouskouri: "Je ne suis plus au forfait fiscal depuis longtemps."

Crédits: André Chapelle

C’est une femme simple, Nana. Une belle femme dynamique qui vient de célébrer ses quatre fois vingt ans. La chanteuse grecque à la voix cristalline revient sur scène pour Happy Birthday Tour. Après avoir parcouru les scènes du monde entier pendant un an, la Genevoise d’adoption donne rendez-vous à son public le jeudi 15 janvier au Victoria Hall. C’est dans le lobby d’un cinq étoiles de Genève qu'elle répond aux questions de Bilan.

Nana Mouskouri, vous vivez à Genève depuis 50 ans. Pourquoi avoir choisi cette ville quand vous aviez, à l’époque, à peine trente ans ?

Tout d’abord, je ne suis pas venu en Suisse pour les mêmes raisons que de nombreux artistes qui vivent ici. J’ai d’abord vécu à Paris et en Allemagne, puis j’ai choisi la Suisse, car, ayant connu la guerre, c’était très rassurant de vivre dans un pays neutre. Je ne voulais pas non plus habiter dans une grande ville. Par ailleurs, Genève offre tout le confort nécessaire, sans compter qu’il y a le lac, les montagnes et surtout un aéroport, ce qui était très important pour moi.

La Suisse et le canton de Genève ont récemment voté contre l’abolition des forfaits fiscaux. Vous n’auriez donc pas quitté la cité de Calvin si l’une de ces deux initiatives avait été acceptée par le peuple?

Non, d’autant plus que je ne suis plus au forfait fiscal depuis longtemps. Je suis bien intégrée à Genève, j’ai des amis suisses et j’aime vivre ici.

On ne vous croise pourtant pas souvent à Genève. Est ce qu’il y a des lieux où vous aimez vous rendre ?

Depuis que nos enfants sont partis, nous avons mis en vente notre villa de Cologny et aujourd’hui j’habite au centre-ville avec mon mari. J’aime me balader en vieille ville et nous apprécions le Café du Centre où nous mangeons en famille à chaque nouvel an. Je ne fréquente par contre pas beaucoup la communauté grecque, nous avons plutôt des amis suisses.

300 millions de CD vendus (450 enregistrés). Un chiffre qui fait tourner la tête ?

En termes de ventes, oui, même s'il ne faut pas oublier qu’ils se sont vendus en 50 ans de carrière. Quant au montant reçu, je suis bien moins riche que ce que vous pensez. Je suis interprète, donc je ne touche pas les droits d’auteur comme d’autres artistes installés en Suisse (fait référence ici à Phil Collins ou Charles Aznavour, ndlr). Par ailleurs, mes tout premiers albums enregistrés sont déjà tombés dans le domaine public. Je ne gagne donc plus rien dessus.

Nana Mouskouri, vous venez de fêter vos 80 ans et vous êtes en pleine forme. Quel est votre secret?

Je n’ai pas de secret à part celui de nettoyer et mettre de la crème sur mon visage tous les jours. Je fais aussi 15 minutes de gymnastique tous les matins. Par ailleurs, je fais attention à mon alimentation, je ne bois quasiment pas et je ne fume pas. Je ne fais pas de chirurgie esthétique, ni de thalasso ou encore de SPA. Avec la chirurgie, j’ai vu malheureusement trop de gens se détruire, en se transformant physiquement, et qui à la fin ne s’aimaient plus du tout.

Vous êtes une star mais vous n’avez jamais vécu la « vie de rock star » ?

Oui, c’est vrai, car j’ai toujours voulu rester telle que je suis. Je me suis toujours protégé de ce monde de rock star même si j’ai beaucoup d’amis dans ce milieu.

Vous êtes l’une des meilleures ambassadrices de la Grèce. Le pays est venu vous solliciter suite à la crise de 2010 ?

Non, car aujourd’hui je ne me mêle plus de politique. J’ai siégé de 1994 à 1999 comme députée au Parlement européen, j’ai fait tout ce que je pouvais pour la culture mais j’ai vite compris que c’était très difficile de faire bouger les autres. La politique est compliquée, donc je préfère rester en dehors de tout ça. Je pense toutefois que la Grèce va beaucoup mieux qu’avant. Je reste par contre toujours active au sein de l’Unicef.

Vous avez débuté la tournée Happy Birthday en 2013. Combien de pays avez-vous parcouru jusqu'à présent ?

Depuis l’an dernier, nous avons fait une centaine de concerts dans plus de cinquante pays. La tournée se terminera en Asie et en Australie au mois de juin 2015.

En 2008, vous aviez pourtant fait vos adieux à la scène lors d’un dernier concert au pied de l’Acropole à Athènes. Vous revenez cinq ans plus tard avec cette tournée. La retraite, ce n’est pas pour vous ?

Effectivement, la retraite n’est pas faite pour moi. En 2008, j’étais un peu fatiguée, j’avais peur que ma voix ne suive plus, c’est pour cela que j’ai voulu tout arrêter. Mais cela a provoqué un grand vide dans ma vie et j’ai vite voulu remonter sur scène.

 

 

Chantal Mathez

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