Bilan

Margarita Louis-Dreyfus, une dirigeante au sommet

Enceinte à 53 ans, la femme d’affaires suisse triomphe à la tête du groupe Louis-Dreyfus. Elle forme, avec Philipp Hildebrand, un des couples les plus puissants de Suisse.

Margarita Louis-Dreyfus est également la patronne de l'Olympique de Marseille.

Crédits: Keystone

Le timing est bon. Après être passée en mars 2015 de 65% à 80% de parts dans le groupe de feu son mari - 65 milliards de chiffre d’affaires, essentiellement dans le négoce de matières premières - Margarita Louis-Dreyfus a désormais les mains libres pour en conduire sans opposition la stratégie.

La nomination au poste de CEO en septembre 2015 de Gonzalo Ramirez Martiarena, qu’elle a soutenue, semble clore le chapitre très tendu de la succession de Robert Louis-Dreyfus, entamé en 2009 suite au décès de l’homme d’affaire français.

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Pourtant, malgré ce climat plus apaisé, Margarita Louis-Dreyfus n’envisage qu’un bref congé, après l’accouchement, pour la naissance de ses jumelles. Une volonté peut-être de ne pas délaisser, même provisoirement, un terrain conquis de haute lutte.

«Régente» et non héritière, selon les termes de sa biographe Elsa Conesa, MLD se destinait initialement à garder jusqu’en 2023 les 61% du groupe que son époux réservait à leurs trois enfants, sans prendre part à la gestion.

Fragilisée financièrement, elle choisit cependant, et sans expérience, de s’investir personnellement dans la marche des affaires. En 2011, elle parvient contre toute attente à évincer Jacques Veyrat, partenaire et héritier désigné de Robert Louis-Dreyfus, avec lequel elle était ouvertement entrée en conflit, s’ouvrant ainsi le chemin de la gouvernance.

Margarita, née Bogdanova, sera dans la foulée désignée «Capitaliste de l’année» par "Le Nouvel Economiste", un paradoxe pour cette orpheline de milieu modeste née dans la soviétique Leningrad de Leonid Brejnev, et désormais à la tête d’une fortune évaluée à 3 milliards de francs.

Un couple puissant et influent

Avant tout épouse de Robert Louis-Dreyfus jusqu’en 2010, « Margarita» est parvenue à se faire un prénom. Dans un premier temps en France où se concentrent la plupart de ses activités, en particulier Louis-Dreyfus Commodities, ainsi que l’Olympique de Marseille, équipe de football dont elle est présidente.

Par la suite, sa liaison avec Philipp Hildebrand, ex-directeur de la BNS, l’a fait mieux connaître auprès du public suisse, tout en offrant au banquier, plus en retrait depuis son départ de la BNS en 2012, un nouveau coup de projecteur médiatique.

Vice-président du fonds BlackRock, première société mondiale d’investissement avec 4500 milliards d’actifs sous gestion, Philipp Hildebrand confirme son influence mondiale. Il reste par ailleurs membre du Groupe des 30, un think tank international actif sur les questions financières.

S’il n'affiche pas une fortune personnelle équivalente à celle de sa compagne, Philipp Hildebrand dispose en revanche d’un réseau et d’une approche des marchés susceptibles de lui être utile dans la conduite du groupe Louis-Dreyfus. En particulier dans le cas d’une introduction en bourse, déjà envisagée par Margarita Louis-Dreyfus.

Joan Plancade
Joan Plancade

JOURNALISTE

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Diplômé du master en management de l’Ecole supérieure de Commerce de Nantes, Joan a exercé pendant sept ans dans le domaine du recrutement, auprès de plusieurs agences de placement en France et en Suisse romande. Collaborateur externe pour Bilan, Il travaille en particulier sur des sujets liés à l’entreprise, l’innovation et l’actualité économique.

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