Bilan

Manipulation des changes: le scandale continue à la City de Londres

Barclays, l'une des quatre grandes banques de la City londonienne, a vu ses résultats 2014 plombés par de grosses pertes, sur fond de scandale de manipulation des changes.

L'affaire a éclaboussé jusqu'à la Banque d'Angleterre, sommée de s'expliquer après les écarts d'un de ses responsables. "Nous avons changé notre culture interne", a assuré aux parlementaires britanniques le gouverneur de la banque.

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La banque Barclays a annoncé mardi être retombée dans le rouge en 2014 après avoir dû enregistrer plus d'un milliard de livres de pertes face à des accusations de manipulation du marché des changes, une affaire retentissante qui éclabousse jusqu'à la Banque d'Angleterre.

L'établissement, qui fait partie des quatre groupes bancaires qui font la pluie et le beau temps dans la City de Londres, a subi une perte nette de 174 millions de livres (239 millions d'euros). Barclays a en effet dû passer dans ses comptes une énorme provision de 1,25 milliard de livres (1,7 milliard d'euros) face au scandale de malversation sur le marché des devises.

Mi-novembre, six grandes banques américaines, britanniques et suisse se sont vues infliger des amendes pour un montant total de 3,26 milliards d'euros d'alors pour avoir utilisé des forums de discussion sur internet et des messageries instantanées, afin de se concerter de façon indue pour infléchir un taux de référence du marché.

Cette punition leur a été infligée par les régulateurs américains et britannique du marché des changes, une bourse immatérielle gigantesque qui voit transiter quelque 5.300 milliards de dollars par jour - dont 40% via la City de Londres.

Barclays n'a toutefois pas été associée à ce règlement et continue de négocier avec les autorités. D'après des sources proches du dossier, une investigation du régulateur des services financiers de New York (DSF), Benjamin Lawsky, à son encontre retarderait la conclusion de l'accord global qu'elle recherche.

Cette affaire a eu un énorme retentissement dans le monde de la finance, après celle des manipulations des taux interbancaires Libor et Euribor, et continue de faire des vagues.

Mardi, le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE) lui-même, Mark Carney, a été contraint de s'expliquer devant une commission du Trésor du parlement britannique à ce sujet.

En novembre, la BoE avait renvoyé son responsable des changes, Martin Mallett, pour un "grave écart de conduite, lié au non respect des règles internes". Un rapport indépendant a conclu que cet employé avait eu des doutes quant à des manipulations potentielles sur le marché des changes, mais n'en avait pas fait part à ses supérieurs.

"Nous avons changé notre culture interne", a assuré aux parlementaires le gouverneur de la BoE, qui a instauré de nouvelles procédures pour les encourager à faire remonter à leur hiérarchie toute inquiétude. M. Carney a expliqué que la banque centrale avait transmis une quarantaine de cas potentiels de malversations sur les marchés financiers au régulateur britannique depuis ce changement de fonctionnement.

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