Bilan

Luxembourg veut accueillir l'Autorité bancaire de l'UE, après Londres

L'Autorité bancaire européenne va devoir déménager de Londres à la suite de la décision du Royaume-Uni de quitter l'UE.

De nombreuses grandes villes européennes sont intéressées par l'EBA comme Dublin, Amsterdam, Vienne, Paris. 

Crédits: Reuters

Le Luxembourg revendique le droit à accueillir l'Autorité bancaire européenne (EBA), qui va devoir déménager de Londres à la suite de la décision du Royaume-Uni de quitter l'UE, a indiqué jeudi à l'AFP une porte-parole du Grand-Duché.

Selon la porte-parole, le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel a adressé une lettre au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et au président du Conseil Donald Tusk, dans laquelle il "revendique l'installation" dans son pays de l'EBA, se basant sur un accord passé en 1965 entre les Etats membres.

"La revendication du Luxembourg d'accueillir l'EBA n'est rien de plus que la mise en oeuvre de cet accord qui est toujours valable aujourd'hui", a-t-elle expliqué.

Cet accord de 1965 sur l'installation des institutions, cité dans la lettre de M. Bettel, note que: "Les gouvernements des Etats membres sont disposés à installer ou à transférer à Luxembourg d'autres organismes et services communautaires, particulièrement dans le domaine financier".

Par le passé, seulement deux exceptions ont été faites à cet accord de 1965, selon la porte-parole: lorsqu'il a été décidé d'installer le siège de la BCE à Francfort et celui de l'EBA à Londres. "Ces deux exceptions ont été faites en accord avec le Luxembourg et étaient considérées comme des dérogations exceptionnelles", a précisé la porte-parole.

Cette missive est datée du 29 mars, soit le jour même où l'UE a reçu la lettre de notification du déclenchement de l'article 50 par la Première ministre britannique Theresa May qui a amorcé le début des négociations de sortie de l'UE.

De nombreuses grandes villes européennes sont intéressées par l'EBA, qu'elles se soient ouvertement déclarées ou non, comme Dublin, Amsterdam, Vienne mais aussi des métropoles françaises, dont Paris, et allemandes.

Il y a un peu plus d'une semaine, lors d'une conférence de presse après une réunion des ministres des Finances de l'UE à Bruxelles, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble s'était prononcé pour récupérer l'EBA à Francfort et la fusionner avec l'Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (EIOP).

Dans un entretien fin mars à l'AFP, le directeur exécutif de l'EBA Adam Farkas avait déclaré avoir été contacté par de nombreuses villes, sans donner de noms.

Leur intérêt est aussi "rassurant pour les employés", avait noté celui qui dirige l'EBA depuis sa création en 2011. 

L'organisation s'appuie sur quelque 170 personnes basées à Londres et originaires de 27 des 28 pays membres de l'UE, en premier lieu d'Italie et d'Allemagne.

Née en réponse à la crise financière, l'EBA est connue principalement pour les tests de résistance des banques européennes qu'elle conduit depuis sa première année d'activité. Elle a également pour rôle de rédiger, pour le secteur bancaire, des règles communes pour tous les Etats membres de l'UE et de veiller à la protection des consommateurs de produits bancaires.

Outre l'EBA, l'Agence européenne des médicaments (EMA), également basée à Londres, va devoir déménager. Là aussi de nombreuses villes et régions sont candidates: Bruxelles, la Wallonie, la Flandre, la région parisienne, Lyon, Lille, Milan ou Barcelone.

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